Une arrestation liée à un article dénonçant une fraude
Ali Soumana avait été arrêté le 8 septembre 2025, après la publication d’un article évoquant une affaire de fraude de cigarettes portant sur « plusieurs milliards de francs CFA », citant plusieurs personnalités, dont le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, qui avait porté plainte. Le journaliste avait été inculpé pour « diffamation et diffusion d’informations de nature à troubler l’ordre public » et « atteinte à la dignité humaine », avant d’être écroué à la prison de Say, à une cinquantaine de kilomètres de Niamey.
Une libération dont les modalités restent floues
Selon la rédaction de Le Courrier, Ali Soumana a été libéré jeudi soir. Les autorités nigériennes n’ont pas communiqué sur les circonstances exactes de sa remise en liberté, laissant planer des questions sur les pressions internes et internationales ayant pu intervenir.
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Un contexte de répression de la presse au Niger
Le Niger est dirigé depuis plus de deux ans par un régime militaire dont la répression des voix critiques est régulièrement dénoncée par les ONG et les institutions internationales. Selon l’ONU, 13 journalistes avaient été arrêtés en 2025 sur des accusations de diffamation, d’atteinte à la sécurité nationale ou de complot contre l’autorité de l’État, en vertu de la loi révisée sur la cybercriminalité adoptée en juin 2024.
Parmi les cas récents, deux journalistes de Sahara FM avaient été incarcérés à Agadez en juin 2025, et Hassane Zada, figure de la société civile, avait été condamné en septembre à 30 mois de prison ferme pour « propos injurieux » contre le chef de la junte.
Des appels internationaux à la libération des journalistes
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait appelé en novembre 2025 les autorités nigériennes à libérer tous les journalistes détenus et à « mettre fin à toutes les procédures qui excèdent les limites strictes fixées par le droit international ».
Amnesty International et Reporters sans Frontières dénoncent une aggravation des violations des droits civils et politiques depuis le putsch, le Niger se classant en 83e position sur 180 pays dans l’index de la liberté de la presse, un recul de trois places par rapport à 2024.
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