Qu’attendez-vous de ce sommet ?
J'avais envie, au travers de ce sommet, également avec la co-organisatrice Ella, qui est une journaliste culinaire et qui s’intéresse vraiment aussi à l’afro-food, de mettre en valeur cette évolution.
Parce que, dans l’imaginaire d’une partie encore importante de la population, l’afro-food, la cuisine africaine, c’est quelques cuisines ou ce sont des cuisines traditionnelles. Or, pour cet événement, nous avons invité des chefs qui sont vraiment créatifs, des nutritionnistes qui racontent nos aliments. Parce que c'est aussi quelque chose dont je me suis rendu compte : les gens ne connaissent pas forcément les ingrédients.
Est-ce qu’il y a des standards qui empêchent le secteur de l’agroalimentaire africain d’évoluer, en tout cas de se faire une place ?
Oui, c’est important. Moi, je suis actuellement au Cameroun, donc je fais un travail entre la France et le Cameroun depuis un certain nombre d’années. Ici, par exemple, on commence à travailler dans des démarches d’import-substitution. On travaille nos produits, on travaille nos aliments.
Il y a de vraies propositions de valeur qui sont faites, mais les gens n’arrivent pas encore à mesurer, à comprendre que ces produits sont pertinents, qu’ils ne sont pas juste des alternatives pour quelques personnes, pour des publics ayant des maladies ou des intolérances au gluten.
Et ça, c’est parce qu’ils pensent, par exemple, que le blé est la culture de référence, alors que pas du tout. C’est un choix politique, un choix qui a été fait par les pays de la Méditerranée de valoriser le blé, tout comme les pays des zones asiatiques ont choisi le riz. Et du coup, toute une déclinaison s’est faite autour.
Nous, ce que je souhaite particulièrement, c’est qu’on se rende compte que nous aussi, nous pouvons faire des choix pour valoriser certains de nos produits. Et avec les industriels, les chercheurs, les chefs, avec tout le monde, on pourra proposer des déclinaisons.
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Mais ce sont des choses qui se font déjà, à une échelle assez créative, à une échelle de start-up. Il faut maintenant que la vision grandisse, que les gens comprennent qu’il y a une vision plus large à porter derrière, surtout dans un monde où l’on réfléchit de plus en plus au changement climatique et aux défis environnementaux.
Et ça, c’est l’une des parties de notre panel : montrer qu’il y a aujourd’hui en Afrique plusieurs aliments positifs, ce qu’on appelle des cultures climato-intelligentes.
Sommet Afrofood & Conscience
Samedi 24 janvier, de 10h à 16 h
En ligne : https://h7.cl/1ii-j
Gratuit
Pour aller plus loin
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