Burkina : au moins dix civils tués dans l'attaque d'une mine d'or artisanale

AFRICA RADIO

11 mars 2022 à 18h21 par AFP

Au moins dix personnes ont été tuées dans l'attaque par des jihadistes présumés d'une mine d'or artisanale dans le nord du Burkina Faso, région en proie aux violences, a appris l'AFP vendredi de sources locale et militaire.

"Hier (jeudi) soir aux environs de 15h (GMT et locales), des éléments des groupes armés terroristes ont attaqué le site minier de Tondobi", une localité de la commune de Seytenga, près de la frontière nigérienne, a indiqué à l'AFP une source sécuritaire. L'attaque a fait "au moins dix morts, tous des miniers qui travaillaient sur le site d'orpaillage", a souligné la même source. Un habitant de la commune, joint par l'AFP a évoqué un "bilan de 14 morts", précisant que "des blessés ont par la suite succombé à leurs blessures après avoir été évacués dans des centres médicaux". "Dix corps ont été inhumés jeudi soir et quatre autres l'ont été ce vendredi matin", a-t-il détaillé. "Six personnes qui étaient portées disparues ont été retrouvées saines et sauves ce vendredi matin", a ajouté cet habitant. Malgré l'interdiction de l'orpaillage, provoquant régulièrement des éboulements meurtriers, les autorités peinent à contrôler l'exploitation sauvage de l'or, exercée par 1,2 million de personnes, selon des chiffres officiels. Mi-février, l'explosion d'un stock de dynamite sur un site d'or artisanal dans l'ouest du Burkina Faso a fait une soixantaine de morts, selon un bilan officiel. Comme ses voisins malien et nigérien, le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des mouvements armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique qui ont fait plus de 2.000 morts et 1,7 million de déplacés. Les attaques, qui visent civils et militaires, se produisent essentiellement dans le nord et l'est du pays. Depuis fin janvier, une junte militaire dirigée par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba est au pouvoir après un coup d'Etat militaire qui a renversé le président Roch Marc Christian Kaboré, qui n'a pas réussi à endiguer la violence jihadiste. Le nouveau président, le lieutenant-colonel Damiba, a fait de la lutte contre le jihadisme et la refondation de l'état burkinabè sa "priorité".