Burkina: au moins huit morts, dont sept soldats, dans deux attaques

AFRICA RADIO

19 mai 2022 à 15h36 par AFP

Au moins sept soldats et un civil ont été tués jeudi au Burkina Faso, dans deux attaques de jihadistes présumés, l'une contre un détachement militaire dans l'est, et l'autre contre un autocar dans le nord, a appris l'AFP de sources sécuritaires et locales.

"Le detachement militaire de Madjoari, une commune rurale située dans la province de la Kompienga, région de l'Est, a été la cible d'une violente attaque terroriste tôt ce (jeudi) matin", a indiqué une source sécuritaire. "Le bilan provisoire fait état de sept soldats tombés (tués) et d'importants dégâts matériels". Des renforts, dont un appui aérien, ont été déployés dans la zone pour des opérations de ratissage, a ajouté cette source. Un élu local joint par l'AFP à confirmé l'attaque, déplorant la "chute du détachement militaire" qui constituait le "dernier rempart" de la commune de Madjoari contre les groupes jihadistes. Dans la même matinée de jeudi, des individus armés ont attaqué un autocar à Seytenga, dans la province du Séno (nord), selon des habitants de la région qui ont précisé qu'un civil avait été tué et une dizaine de de passagers blessés. Samedi, une quarantaine de supplétifs de l'armée et de civils avaient été tués lors de trois attaques menées par des jihadistes présumés dans les mêmes régions. Le Burkina Faso, en particulier le nord et l'est, est la cible d'attaques jihadistes depuis 2015 perpétrées par des mouvements affiliés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique qui ont fait plus de 2.000 morts et 1,8 million de déplacés. Le nouveau chef de l'Etat, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a renversé fin janvier le président élu Roch Marc Christian Kaboré accusé d'être inefficace face à la violence jihadiste, a fait de la question sécuritaire sa "priorité". Après une relative accalmie lors de sa prise de pouvoir, M. Damiba fait depuis face à une recrudescence d'attaques de jihadistes présumés qui ont fait près de 200 morts, civils et militaires. Début avril, il avait annoncé la création de comités locaux de dialogue avec des groupes jihadistes pour tenter d'enrayer les violences.