Egypte: la mort de l'économiste Hadhoud "pas criminelle" selon le parquet, son frère réfute

AFRICA RADIO

18 avril 2022 à 21h51 par AFP

L'économiste Ayman Hadhoud décédé dans un hôpital psychiatrique du Caire début mars est mort d'une "maladie cardiaque chronique", selon l'autopsie officielle aussitôt démentie lundi par son frère.

Dans son communiqué, le parquet "écarte toute piste criminelle" après l'autopsie du corps du quadragénaire mis en détention début février selon sa famille qui n'a été notifiée de son décès qu'un mois après sa mort. Ce délai avait suscité une levée de boucliers des défenseurs des droits humaines, Amnesty International, Human Rights Watch et de nombreuses ONG locales réclamant "une enquête impartiale" et "des réponses à la famille" de M. Hadhoud, évoquant "possiblement des tortures et une disparition forcée". L'autopsie officielle répond lundi qu'il n'y a "aucune trace sur le corps pouvant résulter d'une violence criminelle". Faux, rétorque à l'AFP Omar Hadhoud, le frère du défunt, "tué" selon lui. "Mon frère n'avait pas de problème cardiaque, c'était un sportif", dit-il encore, affirmant réfuter les conclusions officielles et se réserver le droit de mener des poursuites. Le 10 avril, Omar Hadhoud, avocat de profession, avait annoncé à l'AFP le décès de son frère, assurant qu'il avait été informé en février de sa mise en détention dans un commissariat du Caire avant d'apprendre sa mort, un mois plus tard, dans l'hôpital psychiatrique. Il affirmait avoir été contacté par un commissariat expliquant avoir arrêté son frère avant de démentir plus tard le retenir. Les autorités, elles, assurent que M. Hadhoud avait été arrêté pour des violences avant d'être interné pour "troubles schizophrènes", ainsi que de "délires de persécution et de grandeur". Omar Hadhoud réclame, lui, la lumière sur les charges retenues contre son frère au moment de son arrestation et la raison pour laquelle son décès ne lui a été annoncé qu'au bout d'un mois. Ayman Hadhoud était en charge des questions économiques au sein du parti libéral de la réforme et du développement de Mohamed el-Sadate, député et neveu du président assassiné Sadate qui a récemment négocié la libération de nombreux militants en Egypte. L'Egypte, plus peuplé des pays arabes avec 103 millions d'habitants, compte 60.000 prisonniers d'opinion selon les ONG des droits humains. Amnesty et une vingtaine d'ONG ont dénoncé fin 2021, "un bilan catastrophique" des droits humains avec "des militants pacifiques, des défenseurs des droits humains, des avocats, des universitaires et des journalistes détenus uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d'expression, de réunion pacifique et d'association".