Est de la RDC: 4 militaires tués dans des combats

Par AFP

AFRICA RADIO

Un colonel, trois soldats congolais et douze rebelles ont été tués lundi dans des combats dans les Hauts plateaux de l'est de la République démocratique du Congo où des communautés rivales se disputent le contrôle des terres, a-t-on appris mardi de source militaire.

Lundi, "des violents combats ont opposé les Forces armées de la RDC (FARDC) et une coalition rebelle Makanika-Twigwaneho et leurs alliés étrangers dans les Hauts plateaux du territoire de Fizi" au Sud-Kivu, indique l'armée dans un communiqué. Quatre militaires congolais "ont perdu la vie dont le colonel Melchior Kembe Yaoundé, commandant du 121ème bataillon de réaction rapide des FARDC" déployé dans les Hauts plateaux, a déclaré à l'AFP le major Dieudonné Kasereka, porte-parole de l'armée au Sud-Kivu. Le commandant a été tué dans son QG, a-t-il précisé. Les combats s'étaient déroulés sur trois positions de l'armée dans les villages Chakira, Kamombo et Nyamara, attaquées par les rebelles. Douze rebelles ont également été tués, a ajouté le major Kasereka dans un communiqué. Ces affrontements ont poussé de nombreux civils à fuir la zone, ont affirmé plusieurs acteurs de la société civile régionale. La coalition "Twigwaneho" (auto-défense) et Makanika prétend défendre les intérêts des Banyamulenge, des Congolais tutsi aux lointaines origines rwandaises. Le colonel Michel Rukundo Makanika a déserté l'armée début 2020 avec un groupe de militaires banyamulenge. "Les tueries dans les territoires de Mwenga et Fizi (Sud-Kivu) n'ont rien à voir avec les conflits communautaires. C'est une rébellion pure et simple" qui est organisée par la coalition Makanika-Twigwaneho, a estimé le major Kasereka. Il a par ailleurs indiqué que l'armée a fait face à plusieurs attaques de cette coalition ces deux derniers mois. Dans la région des Hauts plateaux, les conflits meurtriers opposent les Banyamulenge aux membres des communautés Bembe, Fuliro, Yiundu sur des contestations autour de l'autorité locale, du contrôle des terres et des ressources naturelles. Entre février 2019 et juin 2020, 128 personnes ont été tuées lors d'affrontements entre milices des communautés habitant les Hauts plateaux, selon le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'Homme (BCNUDH). Ces violences ont déplacé 110.000 civils.