Ethiopie: les élections ne pourront avoir lieu fin septembre dans plusieurs régions

20 septembre 2021 à 19h36 par AFP

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Les élections nationales dans des dizaines de circonscriptions d'Ethiopie en proie à des troubles sécuritaires, ne pourront avoir lieu comme prévu fin septembre après plusieurs reports successifs, a déclaré lundi la commission électorale nationale (Nebe).

Le Parti de la Prospérité du Premier ministre Abiy Ahmed est d'ores et déjà assuré d'une majorité au Parlement, après avoir remporté 410 des 436 sièges en jeu dans les circonscriptions où le vote s'est déroulé le 21 juin. Mais des problèmes logistiques et l'insécurité ont entraîné des retards dans plusieurs régions, où le scrutin, reporté à plusieurs reprises ces derniers mois, doit se tenir le 30 septembre. Plus de sept millions d'électeurs pourront voter dans 47 circonscriptions parlementaires fédérales et 105 circonscriptions pour les sièges des conseils régionaux, a déclaré Solyana Shimeles, porte-parole de la commission, lors d'une conférence de presse lundi. Toutefois, le scrutin ne pourra avoir lieu dans 18 circonscriptions de la région d'Amhara et huit de la région d'Oromia, a-t-elle précisé. La région Amhara a été le théâtre de récents combats entre les troupes gouvernementales et les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), tandis que la région Oromia est aux prises avec une insurrection de l'Armée de libération oromo (OLA). "Nous avons estimé que certaines régions avaient d'autres priorités et qu'elles ne seraient pas en mesure d'apporter un soutien logistique aux opérations électorales", a déclaré la porte-parole. "Nous n'avons pas décidé comment et quand l'élection aura lieu dans ces endroits. Toutefois, comme le nombre de circonscriptions est faible, nous déciderons du moment où nous tiendrons l'élection collectivement", a-t-elle ajouté. L'Éthiopie compte 547 circonscriptions électorales au niveau national, mais la commission électorale a abandonné tout projet d'organiser des élections dans le Tigré, région du nord en proie à un conflit armé et contrôlée en grande partie par le TPLF. Le nouveau gouvernement éthiopien doit être formé le 4 octobre. La commission électorale espère publier les résultats des scrutins du 30 septembre d'ici le 10 octobre, selon Solyana Shimeles. Ces élections, censées apporter à M. Abiy l'onction populaire qui lui fait défaut, ont notamment été boycottées dans la région de l'Oromia, la plus peuplée du pays, par d'importants partis d'opposition qui dénonçaient l'arrestation de certains de leurs candidats ou la mise à sac de leurs bureaux. La Commission éthiopienne des droits humains (EHRC), un organisme indépendant mais rattaché au gouvernement, a estimé dans un rapport préliminaire qu'il n'y avait pas eu de "violations massives, généralisées et systématiques" des droits lors des élections du 21 juin. Mais elle a relevé dans certaines circonscriptions des "arrestations inappropriées", des intimidations et des "harcèlements" d'observateurs et de journalistes, avant et après le vote. En région Oromia, l'EHRC a également constaté "plusieurs meurtres" dans "les jours précédant le vote".