Ethiopie: offensives de l'armée contre les rebelles tigréens en Amhara (humanitaires)

8 octobre 2021 à 19h51 par AFP

AFRICA RADIO

Les forces gouvernementales éthiopiennes et leurs alliés ont engagé des offensives aériennes et terrestres contre les rebelles tigréens dans la région d'Amhara, voisine de la région en guerre du Tigré, ont indiqué vendredi à l'AFP des sources humanitaires.

Les opérations militaires se sont déroulées dans diverses zones de la région jeudi et vendredi, ont indiqué ces sources, dans un contexte de spéculation croissante sur une offensive majeure des forces gouvernementales éthiopiennes contre les rebelles du Tigré (nord de l'Ethiopie). Des responsables de la région d'Amhara, des sources fédérales et militaires n'ont pas répondu aux demandes de commentaire sur ces offensives, qui n'ont pu être vérifiées de manière indépendante par l'AFP. Lundi, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a été investi pour un nouveau mandat de cinq ans, et si la guerre au Tigré suscite de sévères critiques, notamment de Washington, un allié d'Addis Abeba, le Premier ministre a promis de ne pas plier malgré la pression internationale. "Aucune amitié ne devrait se faire au prix du sacrifice de l'honneur de l'Ethiopie", a-t-il déclaré. Le Tigré est en proie aux combats depuis novembre, quand Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, y a envoyé l'armée éthiopienne pour renverser les autorités régionales issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), parti qu'il accuse d'avoir orchestré des attaques contre des camps militaires fédéraux. Le conflit s'est enlisé durant plusieurs mois, avant que les combattants pro-TPLF reprennent de manière inattendue le contrôle de la région fin juin et que les troupes gouvernementales s'en retirent largement. Depuis, les combats ont gagné les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara. Le Tigré subit ce que l'ONU qualifie de blocus humanitaire de facto, alimentant les craintes d'une famine de grande ampleur à l'image de ce qu'avait vécu l'Ethiopie dans les années 1980. Des spéculations ont émergé sur une reprise des combats avec la fin de la saison des pluies et une mobilisation massive dans tout le pays, notamment dans la région de l'Amhara. Jeudi, le porte-parole de cette région indiquait sur Twitter: "Attendu qu'une opération pour libérer notre peuple en difficulté à cause des terroristes du TPLF peut être menée à n'importe quel moment, sur tous les fronts, nous devons être vigilants 24 heures sur 24".