Gambie: heurts sporadiques entre opposants au président et policiers

Par AFP

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Des heurts limités ont opposé dans la nuit de lundi à mardi près de Banjul en Gambie les forces de sécurité et des supporteurs de l'opposant historique Ousainou Darboe, qui conteste les résultats annoncés de la présidentielle, ont constaté des correspondants de l'AFP.

Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes contre plusieurs dizaines de supporteurs de M. Darboe, qui avait appelé au calme plus tôt dans la journée. Des images de l'AFP montrent des employés de la Croix-Rouge portant assistance à des personnes atteintes par des gaz. On ignore les raisons de l'intervention policière. Amadou Scattred Janneh, porte-parole de M. Darboe, a dénoncé auprès de l'AFP une "provocation inutile" de la part de la police. Au moins 15 personnes ont été sérieusement blessées, a-t-il ajouté. Les supporteurs rassemblés autour de la résidence de M. Darboe n'étaient pas vindicatifs et "envoyer la police en tenue anti-émeutes et des canons à eau relevait de la provocation. Lancer des gaz lacrymogènes sur la foule et dans la résidence de M. Darboe était un acte inepte et criminel", a-t-il accusé. Des incidents sporadiques ont été rapportés ailleurs autour de Banjul. Aucun commentaire n'a été obtenu des autorités dans un premier temps. Le président gambien sortant, Adama Barrow, a été déclaré dimanche très largement vainqueur de la présidentielle à un tour. Ousainou Darboe et deux autres candidats ont contesté les résultats en invoquant de possibles irrégularités, sans spécifier lesquelles. M. Darboe a appelé ses partisans au calme. La réaction des perdants et de leurs supporteurs constituaient une des inconnues de cette présidentielle. La communauté internationale verrait dans un processus apaisé un progrès sur la voie de la démocratie pour ce pays qui a mis fin il y a cinq ans à plus de 20 années de dictature. La mission d'observation électorale de l'Union européenne a rendu un jugement contrasté sur la campagne dans un rapport préliminaire. Sans se prononcer sur d'éventuelles irrégularités au cours du vote ou du décompte dans un rapport également préliminaire, la Communauté des Etats ouest-africains (Cédéao), actrice majeure de la crise de 2016 et du départ du dictateur Yahya Jammeh, a salué "la grande maturité politique dont les Gambiens ont fait preuve pendant tout le prcessus".