Greenpeace dénonce la mise aux enchères de blocs pétroliers et gaziers en RDC

AFRICA RADIO

19 juillet 2022 à 15h51 par AFP

L'organisation environnementale Greenpeace a invité mardi les majors du pétrole et du gaz à s'abstenir d'acheter des droits sur 27 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers mis aux enchères par les autorités de la République démocratique du Congo afin de protéger la biodiversité, selon un communiqué.

Les appels d'offre pour l'attribution des droits sur ces blocs seront lancés le 28 juillet, a annoncé lundi le ministre congolais des Hydrocarbures, Didier Budimbu. Les blocs pétroliers concernés sont repartis dans plusieurs régions du pays: trois dans le bassin côtier, neuf dans la Cuvette centrale, onze dans le Graben du Tanganyika et quatre dans le Graben Albertine. Les trois blocs gaziers sont situés dans le lac Kivu. "Dans des lettres envoyées aux compagnies pétrolières de part et d'autre dans le monde, Greenpeace met l'alerte au rouge contre cette vente aux enchères de mauvaise augure, qui pourrait avoir lieu au détriment de la biodiversité et du climat mondial", a écrit l'organisation. "Cette vente aux enchères ne se contente pas de tourner en dérision l'image de la RDC en tant que solution à la crise climatique, elle expose les Congolais à la corruption, à la violence et à la pauvreté qui accompagnent inévitablement la malédiction du pétrole", a indiqué Irène Wabiwa, responsable de Greenpeace en RDC. "Cette vente aux enchères massive - à laquelle les communautés locales s'opposent farouchement - chevauche des tourbières et plusieurs zones protégées", a dénoncé Greenpeace qui déclare ne pas connaître l'identité des potentiels acquéreurs. Dans une déclaration commune à l'issue d'une réunion, les ministres Ève Bazaïba de l'Environnement et Didier Budimbu des Hydrocarbures ont affirmé que les blocs pétroliers concernés par cette mise en vente étaient situés hors des zones protégées. "Les cartes officielles montrent que neuf d'entre eux" sont situés dans des zones protégées, a réagi Greenpeace, indiquant que "le nombre actualisé de blocs chevauchant des zones protégées pourrait s'élever à 12". Cette décision intervient cinq mois après la signature d'un accord de financement de protection des forêts congolaises à hauteur de 500 millions de dollars lors de la COP26, a déploré Greenpeace. En avril, le gouvernement congolais a levé l'option de la mise aux enchères des blocs pétroliers. La mesure concerne "une zone de plus de 240 000 km³ - une zone environ 300 fois plus grande que Nairobi", la capitale du Kenya, a noté l'organisation environnementale.