Kenya: abandon des charges contre le vice-président dans une affaire de corruption

AFRICA RADIO

10 novembre 2022 à 16h21 par AFP

Les charges pour corruption contre le vice-président kényan Rigathi Gachagua dans une affaire portant sur 60 millions de dollars ont été abandonnées en raison du manque de preuves, selon une décision de justice annoncée jeudi.

Bras droit du président William Ruto, Rigathi Gachagua, 57 ans, avait été inculpé en 2021 notamment pour blanchiment d'argent, acquisition frauduleuse de biens publics et conflits d'intérêts dans une affaire portant sur 7,3 milliards de shillings. La décision a été annoncée jeudi par le magistrat du tribunal anti-corruption de Nairobi, Victor Wakumile, après que les procureurs ont demandé l'abandon des charges contre Gachagua et neuf autres personnes en raison du manque de preuves. M. Wakumile a reproché au ministère public d'avoir engagé des poursuites alors qu'il ne disposait pas d'éléments suffisants, affirmant que le système judiciaire ne devait pas être traité comme un "paillasson". Le magistrat a également ordonné que la caution payée par Rigathi Gachagua d'un montant de 12 millions de shillings (environ 98.000 euros) lui soit restituée, ainsi que son passeport. Un enquêteur, Obadiah Kuriah, a récemment déclaré sous serment au tribunal qu'il avait été contraint par l'ancien directeur des enquêtes criminelles George Kinoti de fabriquer des preuves dans l'affaire. M. Kinoti a démissionné peu après l'arrivée de l'administration du président William Ruto, élu en août et investi en septembre. Raila Odinga, vétéran de la vie politique kényane, défait de peu lors du scrutin présidentiel, a critiqué jeudi la décision d'abandonner les charges contre le vice-président, affirmant qu'elle est le signe de la volonté du pouvoir judiciaire "de danser au rythme de l'exécutif". Moins de deux semaines avant la présidentielle, un tribunal avait ordonné à M. Gachagua de renoncer à l'équivalent de près de 1,7 million de dollars qui avait été gelés dans une autre enquête pour corruption, affirmant que ce dernier n'avait pu fournir d'éléments sur la provenance des fonds. M. Gachagua avait critiqué cette décision, affirmant que le juge avait "mené un simulacre de procès".