L'ONU confiante dans la bonne tenue de la prochaine présidentielle au Nigeria

AFRICA RADIO

7 juillet 2022 à 18h36 par AFP

L'élection présidentielle en 2023 au Nigeria devrait se dérouler dans de bonnes conditions, a estimé jeudi Mahamat Saleh Annadif, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, en vantant la crédibilité de sa commission électorale.

"Le Nigeria a deux éléments extrêmement importants, la crédibilité de la commission électorale et la confiance dans les institutions judiciaires" de tous les acteurs de la scène politique, "ce qui n'est pas le cas dans tous les pays africains", a-t-il dit à quelques médias après une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. "Tous les acteurs politiques, y compris la société civile, l'opposition, comme le pouvoir, ont confiance dans la commission électorale indépendante", a ajouté le responsable, en rendant compte des conclusions d'une mission d'évaluation de l'ONU qui s'est rendue récemment au Nigeria pour évaluer les éventuels problèmes liés à la prochaine présidentielle. "C'est extrêmement important car d'habitude, dans les autres pays africains, ce sont les commissions électorales qui tripatouillent les résultats et qui créent des crises post-électorales", a fait valoir Mahamat Saleh Annadif, basé à Dakar. Dans ce pays multiethnique d'Afrique de l'Ouest qui compte quelque 200 millions d'habitants, la mission de l'ONU a aussi constaté que "le choix des candidats pour les principaux partis s'était déroulé dans de bonnes conditions", a-t-il poursuivi. "Tout le monde est prêt pour les élections mais nous sommes tous conscients qu'il y a de nombreux défis qui restent" comme "le défi sécuritaire" qui en est le principal. Au-delà du nord-est ou du nord-ouest, "l'insécurité avance vers le centre du pays, sinon vers le sud du Nigeria, près de Lagos", a relevé le responsable de l'ONU. Mais "les autorités du Nigeria nous ont rassurés, elles connaissent ce défi et sont en train de tout faire pour le contrecarrer afin qu'il ne puisse pas perturber l'élection", a-t-il précisé sans autre détail. "Le deuxième élément positif" retenu par la mission onusienne, "c'est que tous les acteurs ont confiance dans les institutions judiciaires. C'est l'autre maillon de la chaîne des élections car souvent dans beaucoup de pays africains la commission électorale ne fait pas bien les élections et si quelqu'un se plaint dans les instances judiciaires, en général le verdict est toujours en sa défaveur", a-t-il noté. Après le double mandat du président Muhammadu Buhari, la présidentielle au Nigeria opposera Atiku Abubakar, candidat du Parti démocratique populaire (PDP), principal parti d'opposition, à Bola Tinubu, candidat du Congrès des progressistes (APC), parti au pouvoir.