Malawi: tirs de gaz lacrymogènes lors d'une manifestation contre le gouvernement

Par AFP

AFRICA RADIO

La police du Malawi a tiré des gaz lacrymogènes vendredi lors d'une manifestation d'environ 10.000 personnes qui protestaient dans la capitale Lilongwe contre le coût de la vie et la corruption d'Etat, ont constaté des correspondants de l'AFP.

"C'est honteux dans une démocratie, nous avons eu une autorisation de manifester", s'est indigné l'un des leader du mouvement, l'ancien parlementaire Bon Kalindo. La police a déclaré ne pas avoir été informée des événements sur le terrain et ne pas être en mesure de faire de commentaire. Cette manifestation s'est déroulée dans la foulée de dénonciations par des organisations locales de défense des droits, de l'augmentation du coût de la vie et de l'indifférence du gouvernement face aux souffrances des Malawites. Le Malawi est un des pays les plus pauvres du monde, seulement 11% de la population est raccordée à l'électricité. Les manifestants ont appelé le président Lazarus Chakwera à tenir ses promesses de campagne: créer un million d'emplois et relancer l'économie. L'élection en 2020 de l'ancien opposant, qui a dénoncé l'échec économique et la corruption du régime de son prédécesseur Peter Mutharika, avait suscité une vague d'espoir dans le petit pays enclavé d'Afrique australe. Mais cette première manifestation d'ampleur depuis les élections montre la désillusion d'une population dont le sort a été encore aggravé par la crise du Covid. "Il y a un sentiment général de mécontentement", a mis en garde la politologue malawite basée en Afrique du Sud, Michael Jana, qui a souligné qu'aucun plan de relance économique n'a été initié par le gouvernement. Les manifestants ont donné 14 jours au gouvernement pour répondre à leurs demandes, sans quoi ils descendront une nouvelle fois dans la rue. "Malheureusement, c'est quelque chose qui ne peut pas être traité en 14 jours. Cela implique que nous réajustions notre système", a toutefois déclaré le ministre de l'Information, Gospel Kazako, contacté par l'AFP.