Mali: la famille de l'ex-Premier ministre Maïga, en prison, alerte sur son état de santé

Par AFP

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Soumeylou Boubèye Maïga, ancien Premier ministre du Mali, inculpé et incarcéré pour des malversations présumées dans une affaire d'achat d'équipements militaires, connaît "une grave détérioration" de son état de santé, qui nécessite une évacuation à l'étranger, a affirmé jeudi sa famille.

Poids lourd de la politique malienne, Soumeylou Boubèye Maïga, 67 ans, fut entre 2017 et 2019 le Premier ministre du président Ibrahim Boubacar Keïta, renversé en août 2020 par un coup d'Etat militaire. Il fut auparavant ministre des Affaires étrangères, de la Défense et chef des services de renseignement. Les médecins ont "fait le constat de la gravité de son état et conclu à l'impérieuse nécessité de son évacuation à l'étranger", indique sa famille dans un communiqué. M. Maïga "a perdu depuis son incarcération 15 kg à cause des conditions éprouvantes de sa détention" et son pronostic vital est "engagé à court terme", affirme-t-elle, citant un rapport attribué à ces médecins. Selon sa famille, l'ex-Premier ministre a été évacué vers une clinique de Bamako le 15 décembre. En août dernier, M. Maïga a été incarcéré après avoir été inculpé notamment de "faux, usage de faux et favoritisme" dans le cadre d'une enquête sur l'achat d'équipements militaires et sur l'acquisition d'un avion présidentiel, en 2014 alors qu'il était ministre de la Défense. L'achat de cet avion avait été épinglé par le Bureau vérificateur général (BVG), autorité malienne indépendante, qui avait dénoncé des pratiques de surfacturation, de détournement de fonds publics, de fraude, de trafic d'influence et de favoritisme. Nommé Premier ministre en 2017, M. Maïga avait été contraint à la démission après le massacre de quelque 160 civils peuls en avril 2019 à Ogossagou (centre) par de présumés chasseurs dogons et après une série de manifestations dénonçant la mauvaise gestion du pays Le nouvel homme fort du Mali, le colonel Assimi Goïta, s'est engagé à céder la place à des civils après des élections dont des assises nationales en cours jusqu'à fin décembre, doit fixer la date.