Mali: remise en liberté d'un vice-président du Parlement de transition

Par AFP

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Un tribunal de Bamako a décidé mardi de placer en liberté provisoire un vice-président de l'organe législatif mis en place par les militaires au Mali après leur putsch de 2020, poursuivi pour "troubles à l'ordre public", a appris l'AFP auprès de sources judiciaires.

"Mon client (Issa) Kaou N'Djim a obtenu en fin de journée la liberté provisoire", a déclaré à l'AFP un avocat du prévenu, Kassoum Tapo. L'information a été confirmée à l'AFP par une source judiciaire. "La demande du CNT (Conseil national de transition) a été prise en compte", a ajouté Me Tapo. Le CNT tient lieu de Parlement pendant la période censée précéder un retour des civils au pouvoir. Il avait demandé le 4 novembre dans une résolution la suspension des poursuites contre M. N'Djim et sa libération, invoquant l'immunité parlementaire de ce dernier. "On a soumis la résolution du CNT à l'appréciation du juge, pour la suspension de la détention" de M. N'Djim, a précisé à l'AFP cette source judiciaire, sans plus de détail. M. N'Djim, personnalité politique connue au Mali, a été l'une des figures de la mobilisation contre le président Ibrahim Boubacar Keïta, renversé en août 2020 par les militaires. Connu pour son soutien au colonel Assimi Goïta, chef des militaires à l'origine d'un autre putsch en mai 2021 et désormais président de transition, M. N'Djim a formulé des critiques acerbes contre le Premier ministre de transition, Choguel Kokalla Maïga, également intronisé par les militaires. M. N'Djim a été arrêté le 26 octobre. Inculpé d'incitation au trouble à l'ordre public et atteinte au crédit de l'Etat, il a été jugé en flagrant délit le 29. Le Parquet avait requis une peine de trois mois ferme à son encontre. Il lui reprochait une série de déclarations diffusées depuis juillet sur les réseaux sociaux, notamment contre le gouvernement et le Premier ministre. Le jugement a été mis en délibéré au 3 décembre.