Manifestation de soutien à la levée des sanctions à Bujumbura

AFRICA RADIO

12 février 2022 à 17h21 par AFP

Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues de Bujumbura samedi en signe de soutien au gouvernement burundais après l'annonce d'une reprise de l'aide américaine et européenne, ont indiqué des organisateurs de cette manifestation.

Selon le ministre des Affaires étrangères burundais, les Etats-Unis ont approuvé vendredi une aide de 400 millions de dollars à destination du Burundi, moins de trois mois après la levée de sanctions américaines contre Bujumbura. Trois jours plus tôt, l'Union européenne avait annoncé la reprise de son aide directe au Burundi, suspendue depuis 2016. "La communauté internationale s'est finalement rendu compte que les Burundais ont été sanctionnés injustement", a déclaré Hamza Venant Burikukiye, figure de la société civile proche du pouvoir, en s'exprimant au nom des organisateurs du rassemblement. "Nous voulons remercier du fond du coeur et publiquement les pays et les organisations qui l'ont compris les premiers", a-t-il ajouté. Selon les organisateurs, plusieurs milliers de personnes ont participé à la manifestation dans la capitale. Des informations de presse ont fait état d'autre marches ailleurs dans le pays. Saluant une embellie au Burundi depuis l'élection d'un nouveau président, Evariste Ndayishimiye, en mai 2020, les Etats-Unis avaient levé en novembre les sanctions qu'ils avaient imposées en 2015 contre huit dirigeants burundais. Cette année-là, l'annonce de la candidature du président sortant Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, considéré comme illégal par l'opposition et qu'il a finalement obtenu, avait plongé le pays dans une grave crise politique, marquée par des exécutions sommaires, disparitions, détentions arbitraires, tortures et violences sexuelles visant les voix dissidentes. Les violences ont fait au moins 1.200 morts et poussé à l'exil quelque 400.000 Burundais. L'UE, qui pour sanctionner ces violences avait suspendu en 2016 ses appuis financiers directs, y compris budgétaires, au gouvernement burundais, a annoncé mardi avoir mis fin à cette mesure, présentant sa décision comme "l'aboutissement du processus politique pacifique entamé" en 2020. Le revirement américain et européen a été vivement critiqué ces jours-ci par plusieurs ONG dénonçant la perpétuation de violations massives des droits de l'Homme au Burundi. "Ce qui nous a poussé à quitter le pays est toujours là", a déploré samedi Anschaire Nikoyagize, président en exil d'Iteka, une organisation de défense des droits de l'Homme burundaise. En septembre, un rapport de la Commission d'enquête de l'ONU sur le Burundi notait que malgré les engagements du président Ndayishimiye, la situation des droits de l'Homme dans le pays restait "désastreuse" et qu'elle s'était "à certains égards détériorée" depuis sa prise de fonction.