Acquittement de Gbagbo: un "non-sens" (avocats de la Côte d'Ivoire)

Par AFP

AFRICA RADIO

Les avocats de l'Etat ivoirien ont qualifié mardi de "non-sens" et de "surprenante" la décision de la Cour pénale internationale d'acquitter Laurent Gbagbo des accusations de crimes contre l'humanité pour lesquelles il était emprisonné depuis 2011.

"Ce n'est pas un non-lieu, c'est un non-sens! A écouter les premières motivations orales très rapides (de la Cour) on a l'impression que M. Gbagbo n'était pas en Côte d'Ivoire" pendant les violences post-électorales de 2010-2011, a critiqué Jean-Paul Benoît, avocat de l'Etat ivoirien, interrogé par l'AFP à Paris. "C'est une décision surprenante parce que quatorze demandes de mises en liberté ont été successivement refusées et on ne peut pas imaginer qu'à chaque fois la CPI n'ait pas examiné les faits. Pour nous c'est inexplicable: 3.500 morts et il n'y a pas de coupable", a ajouté son collègue Jean-Pierre Mignard.Laurent Gbagbo a été acquitté mardi tout comme Charles Blé Goudé, l'un de ses fidèles qui était aussi accusé des mêmes quatre chefs de crime contre l'humanité: meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains pour lesquels ils plaidaient non coupable. Leur remise en liberté est néanmoins suspendue jusqu'à mercredi afin de laisser le temps à l'accusation de répondre à cette décision rendue par la CPI.La décision des juges est un nouveau camouflet pour la cour, après la libération de l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba en juin 2018, initialement condamné à 18 ans de prison."Les partisans de M. Gbagbo pendant des années ont décrié la CPI comme étant une juridiction complètement à la solde de la Côte d'Ivoire ou de la France. On peut supposer qu'ils vont être maintenant de fervents supporters de la Cour pénale internationale", a ironisé Me Mignard. Si Laurent Gbagbo est effectivement libéré mercredi, la question de son retour en Côte d'Ivoire et de son éventuelle amnistie là-bas devrait se poser rapidement.En août, le président ivoirien Alassane Ouattara avait annoncé une large aministie qui avait débouché sur la libération de l'ex-première dame Simone Gbagbo et de deux ministres de l'ancien régime.