Algérie: deux mouvements basés à l'étranger déclarés "organisations terroristes"

Par AFP

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Deux mouvements politiques basés à l'étranger, l'un séparatiste kabyle et l'autre islamo-conservateur, ont été inscrits mardi sur la liste des "organisations terroristes" par le Haut conseil de sécurité algérien, a annoncé la présidence dans un communiqué.

Cette décision, qui était attendue, vise le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK, indépendantiste), interdit en Algérie, et le mouvement Rachad, qui n'a pas d'existence légale en Algérie.Le Haut conseil de sécurité "s'est penché sur les actes hostiles et subversifs commis par les mouvements dits Rachad et MAK pour déstabiliser le pays et attenter à sa sécurité, et décidé, dans ce cadre, de les classer sur la liste des organisations terroristes et de les traiter comme telles", selon le communiqué, qui n'a donné aucun autre détail.Un tribunal d'Alger avait émis fin mars des mandats d'arrêt internationaux à l'encontre de Mohamed Larbi Zitout, un co-fondateur de Rachad et ancien diplomate algérien résidant au Royaume-Uni, et de trois activistes accusés d'appartenir à la même mouvance.Selon les autorités, Rachad regroupe d'anciens militants du Front islamique de salut (FIS, dissous en mars 1992). Ce mouvement est accusé d'avoir infiltré et de chercher à entraîner dans la violence le mouvement pro-démocratie du Hirak, né en février 2019 et qui réclame pacifiquement un changement radical de "système" politique.Basé à Paris, le MAK est une autre bête noire du régime. Il a récemment été accusé par Alger d'avoir en projet des attentats sur le sol algérien, ce qu'il a nié.Ferhat Mehenni, son président, a été brièvement placé en garde à vue à Paris mardi dans une enquête pour blanchiment en bande organisée, a-t-on appris auprès du Parquet de Paris, qui a précisé qu'il avait été libéré dans la soirée sans poursuite à ce stade.