Algérie: les femmes dans la rue pour leurs droits et contre le pouvoir

Par AFP

AFRICA RADIO

Des centaines de femmes ont manifesté lundi à Alger, en réclamant l'abrogation du code de la famille, dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes mais aussi dans la continuité du mouvement pro-démocratie du Hirak en plein regain.

Derrière une banderole affirmant "8 mars 2021: nous sommes sortis pour le changement, pas pour faire la fête", le cortège est parti de la rue Didouche-Mourad, la principale artère du centre-ville, en direction de la place de la Grande Poste, lieu de rassemblement emblématique du Hirak."Les femmes s'engagent, "+le système dégage+", ont-elles scandé en dénonçant le code de la famille qui, selon les féministes, fait d'elles des "mineures à vie", ont constaté des journalistes de l'AFP. Elles ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: "Abrogation du code de l'infamie" et "Egalité hommes-femmes".Adopté en 1984 sous le règne du parti unique et révisé en 2005, le code de la famille s'inspire en partie de la charia (loi islamique). De nombreuses associations de défense des droits des femmes le considère comme anticonstitutionnel au motif qu'il ne respecte pas l'égalité des citoyens énoncée dans la Constitution.Les manifestantes ont condamné les violences faites aux femmes, avec des portraits de victimes de féminicides.Au delà des revendications égalitaires, les manifestantes ont également fustigé un récent avant-projet de loi controversé qui prévoit de déchoir de la nationalité algérienne tout ressortissant commettant à l'étranger "des actes préjudiciables aux intérêts de l'Etat"."Vous ne nous faites pas peur avec la déchéance de la nationalité, nous avons été élevés dans le patriotisme", ont-elle chanté.Cette initiative du ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, a déclenché une levée de boucliers parmi les opposants politiques et les militants du Hirak qui y voient un moyen de contrôler la vaste diaspora algérienne.En outre, le défilé des femmes a aussi repris les slogans traditionnels du Hirak comme "Tebboune (ndlr: le président algérien) est arrivé (au pouvoir) par la fraude, il a été placé par les militaires" ou encore "Etat civil et non Etat militaire".De brèves bousculades ont eu lieu à la fin de la manifestation après que des policiers ont forcé les manifestantes à quitter le centre-ville, selon des témoins.