Angola: le fils de l'ancien président angolais se défend de toute corruption

Par AFP

AFRICA RADIO

L'avocat du fils de l'ancien président angolais Jose Eduardo dos Santos a longuement et fermement démenti mardi les graves accusations de corruption qui visent son célèbre client, au deuxième jour de son procès devant un tribunal de Luanda.

Ex-patron du fonds d'investissement souverain angolais, Jose Filomeno dos Santos, 41 ans, est jugé depuis lundi devant le Tribunal suprême de la capitale angolaise pour détournement de fonds publics et blanchiment d'argent notamment.Il comparaît avec trois complices présumés, dont l'ex-patron de la Banque centrale Valter Filipe da Silva.La justice leur reproche d'avoir transféré illégalement 500 millions de dollars de la Banque centrale vers le compte londonien d'une agence du Crédit suisse, dans le cadre d'une fraude qui lui aurait permis, selon le parquet général, de détourner jusqu'à 1,5 milliard de dollars.L'avocat de Jose Filomeno dos Santos, Antonio Gentil Simao, a nié mardi la participation de son client à une quelconque fraude."Il a toujours été à l'écart des décisions relatives au processus qui a abouti au transfert de 500 millions de dollars", a plaidé Me Simao, dénonçant les "affirmations peu crédibles de l'accusation".Il a également remis en cause le dossier du parquet, affirmant que "l'intention criminelle" des accusés "n'a pas été clarifiée par une enquête suffisante". Selon Antonio Gentil Simao, l'accusation "a préféré se concentrer sur l'arbre, en ignorant l'immensité de la forêt".Le procureur Pascoal Joaquim a balayé mardi toutes ces critiques en réaffirmant que les 500 millions de dollars avaient été "transférés en violation des lois".Surnommé "Zenu", Jose Filomeno dos Santos est le premier membre de la famille de l'ancien président du pays poursuivi devant la justice.Il risque une peine de deux à douze ans de prison.Son père Jose Eduardo dos Santos a pris sa retraite en 2018 après dirigé l'Angola pendant trente-huit ans d'un règne sans partage pendant lequel il a mis l'économie du pays en coupe réglée au profit d'une poignée de proches.Ancien ministre de la Défense, son successeur Joao Lourenço a limogé les soutiens de l'ancien chef de l'Etat de la tête des institutions, des entreprises publiques et de l'appareil sécuritaire du pays, au nom de la lutte contre la corruption.Symbole de ce nettoyage, la demi-soeur de Jose Filomeno dos Santos, Isabel, a été évincée en novembre 2017 du poste de PDG de la compagnie pétrolière nationale, la Sonangol. Présentée comme la femme la plus riche d'Afrique, elle fait elle aussi l'objet d'une enquête pour détournement de fonds.