Au Soudan, les prix des aliments ont triplé en un an

Par AFP

AFRICA RADIO

Les prix des aliments ont triplé en un an au Soudan, selon l'ONU qui brosse un sombre tableau du pays frappé par plusieurs fléaux, comme l'inflation, la dévaluation de la monnaie nationale où les inondations.

"Les prix de la nourriture locale ont augmenté de près de 200% par rapport à 2019, selon le Programme alimentaire mondiale (PAM) et l'inflation a entraîné une hausse du prix de la nourriture de base comme le sorgho qui a grimpé de 240% en un an", affirme jeudi le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha).Selon son rapport, "les prix de la nourriture vont rester élevés jusqu'à l'arrivée de la production actuelle sur le marché, au cours de cet automne".Cette situation est susceptible de "prolonger le niveau élevé d'insécurité alimentaire, l'un des plus élevés de la décennie" au Soudan, souligne l'Ocha.Par ailleurs, les coûts des services de santé ont presque doublé, avec une hausse de 90%, durant la même période.La situation économique est catastrophique, avec une inflation annuelle de 170% au mois d'août, à laquelle s'ajoutent des pénuries de carburant, de nourriture, de médicaments et de produits d'hygiène.La dévaluation constante de la livre soudanaise par rapport au dollar -- le billet vert passant de 70 à 230 SDG en un an --, a réduit le pouvoir d'achat dans un pays où 90% des familles dépensent 65% de leurs revenus pour leur nourriture.Et "ce sont les populations les plus vulnérables, appauvries et marginalisées du pays qui sont le plus durement touchées", souligne ce rapport."Ceci accroît la faim, réduit l'accès à l'éducation, à la santé et aux autres services essentiels, qui passent au second plan pour les gens dont la première préoccupation est de survivre à la crise économique" souligne l'Ocha.Environ 9,6 millions de personnes, soit un quart de la population, subissent une "sévère insécurité alimentaire"."La réduction des subventions sur le carburant que prévoit le gouvernement devrait accroître l'inflation et donc frapper encore plus les familles les plus vulnérables", souligne encore Ocha.Enfin, les inondations ont porté un coup supplémentaire, affectant selon un dernier bilan publié jeudi 860.000 personnes, même si le Nil a amorcé sa décrue.Les inondations ont tué 138 personnes selon la défense civile alors que 172.000 habitations ont été détruites ou endommagées depuis juillet.Plus de la moitié des personnes affectées par les inondations le sont dans cinq des 18 Etats que compte le Soudan: Khartoum, Darfour-Nord, Darfour-Ouest, Nil bleu et Sennar.