Bissau: enseignants et journalistes reprennent du service à l'approche des législatives

Par AFP

AFRICA RADIO

Les enseignants de Guinée-Bissau ont décidé vendredi de "suspendre" pendant 10 jours la grève qu'ils avaient entamée la veille, afin de laisser le temps au gouvernement de mettre en oeuvre ses engagements, a-t-on appris de sources syndicales.

Les journalistes des médias publics, en grève depuis le début du mois, ont également levé leur mot d'ordre afin de couvrir la campagne, qui débute samedi, pour les élections législatives du 10 mars, bien que leurs revendications n'aient pas été satisfaites.Ces élections doivent permettre de mettre fin à la crise que traverse le pays depuis l'éviction en août 2015 par le président José Mario Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir), auquel M. Vaz appartient également."Nous avons décidé unilatéralement de suspendre la grève pendant 10 jours. Nous accordons le bénéfice du doute au gouvernement", a indiqué le chef de la coordination des grévistes, Beghoma Eduarte Sanha lors d'un point de presse des trois syndicats d'enseignants du pays, qui ont demandé à leurs membres et aux élèves de reprendre les cours samedi.Le gouvernement a promis des avancées sur les paiements d'arriérés salariaux, la publication au Journal officiel d'un nouveau plan de carrière et sur la mise en oeuvre d'une nouvelle grille salariale, mais les syndicats affirment n'avoir jusqu'à présent rien vu venir. Passé ce délai de 10 jours, "si rien n'est fait, nous allons reprendre le mouvement", a averti vendredi M. Sanha.Le 8 février, les élèves avaient bloqué les rues de la capitale pour protester contre l'annonce de cette grève. La manifestation avait tourné au pillage, notamment du siège de deux partis gouvernementaux.De leur côté, les journalistes du service public reprennent progressivement le travail."Comme le gouvernement ne veut pas discuter avec nous, nous avons pris l'initiative de lever notre mot d'ordre de grève, sans avoir obtenu satisfaction de nos revendications. Nous allons réfléchir à d'autres formes de revendication", a déclaré à l'AFP le président du syndicat des travailleurs de la radio nationale RDN, Cussa Cissé.Les grévistes exigent du gouvernement le paiement des "arriérés de salaires de décembre 2018 et janvier 2019", d'un reliquat de salaires pour quatre mois à la suite d'augmentations en septembre 2018 et de meilleures conditions de travail, ainsi que la réintégration des stagiaires.La grève concernait le journal gouvernemental Nô Pintcha, qui devrait à nouveau paraître lundi, la télévision et la radio publiques, qui ont rouvert leur antenne respectivement jeudi et vendredi, et l'Agence nationale de presse de Guinée (ANG), qui n'a publié qu'une dépêche vendredi.