Bissau: les enseignants mettent fin à quatre mois de grève

Par AFP

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Les enseignants de Guinée-Bissau ont mis fin mercredi à quatre mois de grève après un accord avec le gouvernement pour notamment le paiement d'arriérés de salaires, a-t-on appris auprès de leurs syndicats et du gouvernement.

Les enseignants de ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest avaient entamé leur grève en septembre. Depuis plusieurs années, ils revendiquent le paiement d'arriérés de salaires, l'adoption d'un plan de carrière pour tous les professeurs, ainsi que de meilleures conditions de travail.Après plusieurs jours de négociations avec le gouvernement, "nous avons demandé à tous nos membres de reprendre le travail dès ce mercredi. Le mot d'ordre de grève est levé", a déclaré à la presse Domingos Carvalho, un responsable de la commission de grève des enseignants, formée de représentants des trois syndicats à l'origine du mouvement."Le gouvernement s'est engagé à honorer ses engagements. C'est pour cette raison que nous avons paraphé le mémorandum (d'accord). Quant aux autres points, nous leur avons accordé le bénéfice du doute", a ajouté M. Carvalho, sans préciser les revendications satisfaites et celles non satisfaites.Le gouvernement s'est engagé à payer les arriérés de salaire de novembre et décembre, sans préciser de date, et à ne pas faire de ponctions sur les salaires des enseignants grévistes, selon un document d'accord signé par les deux parties et consulté mercredi par l'AFP."Nous sommes finalement tombés d'accord sur certains points inscrits dans le cahier de revendications. Nous allons (les) résoudre immédiatement. Les autres points seront l'objet de négociations", a déclaré à la presse le ministre de l'Education Camilo Simoes Pereira.A Bissau, les écoles publiques avaient rouvert mercredi mais de nombreux élèves et des enseignants ne s'étaient pas présentés, a constaté un journaliste de l'AFP.La Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise, est un des derniers pays au monde dans le classement de l'indice de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).L'économie du pays reste exsangue et le 44e anniversaire de son indépendance le 24 septembre a été célébré sans festivités, toutes les ressources financières disponibles étant absorbées par l'organisation des élections législatives.Celles-ci devaient avoir lieu le 18 novembre mais ont été reportée au 10 mars. Elles doivent dénouer la crise politique que traverse le pays depuis août 2015.