Bissau: reprise de la grève des enseignants après deux semaines de suspension

Par AFP

AFRICA RADIO

Les enseignants de Guinée-Bissau ont repris jeudi leur grève, suspendue pendant deux semaines, après avoir dénoncé le non-respect par le gouvernement, selon leurs syndicats, d'accords portant notamment sur les salaires et l'amélioration de leurs conditions de vie.

Le mouvement des enseignants, qui avaient suspendu leur grève le 15 février, a repris alors que se poursuivait jeudi la campagne pour les élections législatives du 10 mars, initialement prévues en novembre. Ces élections doivent permettre de mettre fin à la crise que traverse le pays depuis l'éviction en août 2015, par le président José Mario Vaz, du Premier ministre Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), auquel M. Vaz appartient également.Les enseignants de Guinée-Bissau reprochent au gouvernement de n'avoir pas respecté ses "promesses" de paiement de trois mois d'arriérés de salaires, d'amélioration de leurs conditions de vie, de publication au Journal officiel d'un nouveau plan de carrière et la mise en oeuvre d'une nouvelle grille salariale, selon leur coordination."Ils nous ont menti sur toutes les promesses faites. Comme nous ne sommes pas dupes, nous avons tout simplement cessé de travailler", a déclaré à l'AFP le chef de la coordination des grévistes, Beghoma Eduarte Sanha.Le mouvement se poursuivra tant que le gouvernement n'aura pas trouvé pas de solutions aux problèmes dans l'éducation, a dit M. Beghoma. "Nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à cette menace d'année blanche. L'éducation est un droit que l'on nous refuse", a réagi devant la presse Bacar Mané, coordonnateur de la Charte 21, un collectif d'élèves et d'étudiants. "Nous allons occuper la rue si aucun consensus n'est obtenu à l'issue des négociations entre le gouvernement et les trois syndicats des enseignants". Depuis septembre, les enseignants de Guinée-Bissau ont fait des grèves à répétition pour réclamer du gouvernement le respect d'accords conclus après plusieurs années de revendication.La Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise, est un des derniers pays au monde dans le classement de l'indice de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).