Burkina: 10 personnes dont 6 militaires et un élu tués dans le Nord (nouveau bilan)

Par AFP

AFRICA RADIO

Dix personnes, dont six militaires et un élu local, ont été tués lundi dans une embuscade dans le nord du Burkina Faso, selon un nouveau bilan communiqué mardi par le ministre de l'Administration territoriale (Intérieur).

Un bilan provisoire établi lundi par des sources sécuritaires et locales faisait état d'au moins huit morts. "Dans la matinée du lundi 6 juillet, Souleymane Zabré, maire de Pensa (province du Sanmatenga), se rendant à Kaya pour participer à un atelier des maires de la région du Centre-nord, est tombé dans une embuscade tendue par des hommes armés non identifiés" sur l'axe Barsalogho-Pensa, a déclaré le ministre dans un communiqué. "Suite à l'annonce de sa disparition, une patrouille constituée des forces de défense et de sécurité (FDS) et des volontaires pour la défense de la patrie (VDP) qui a entrepris de rechercher le maire tombera à son tour dans une autre embuscade aux environs de 14H30, après avoir retrouvé le corps sans vie de l'édile de Pensa", a-t-il précisé. "Le bilan de cette attaque barbare est le suivant : le maire de la commune de Pensa tué, six militaires et trois volontaires pour la défense de la patrie tués, des FDS et des VDP blessés", a-t-il détaillé."C'est avec consternation que j'ai appris l'assassinat ignoble du maire de la commune rurale de Pensa", a réagi dans un tweet le président Roch Marc Christian Kaboré.Depuis décembre, des civils sont recrutés localement en tant que "volontaires pour la défense de la patrie" afin d'aider les forces de sécurité. Après une formation militaire de 14 jours, ils exercent des missions de surveillance, d'information et de protection. Mais selon des sources concordantes, ils font souvent office de pisteurs et combattent aux côtés des forces de défense, munis d'armes militaires.Le Burkina Faso est en proie à de fréquentes attaques jihadistes, souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires. Les attaques jihadistes ont fait plus de 1.100 morts depuis 2015, et les violences ont contraint près d'un million de personnes à fuir leurs foyers.Sous-équipées et mal entraînées, les forces burkinabè n'arrivent pas à enrayer la spirale de violences jihadistes malgré l'aide de forces étrangères, notamment de la France, présente dans le Sahel avec plus de 5.000 militaires dans le cadre de l'opération antijihadiste Barkhane.Selon l'ONU, les attaques jihadistes et les violences intercommunautaires ont fait 4.000 morts en 2019 au Mali, au Niger et au Burkina.