Burkina: deux soldats tués en cherchant des policiers disparus après une attaque

23 juin 2021 à 15h23 par AFP

AFRICA RADIO

Deux soldats burkinabè ont été tués en recherchant des policiers disparus à la suite d'une attaque lundi dans le Centre-Nord du Burkina Faso, au cours de laquelle onze d'entre eux avaient trouvé la mort, a annoncé mercredi le gouvernment.

"Après la mort de onze policiers" deux militaires "sont tombés sur un engin explosif", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Ousséni Tamboura, après un Conseil des ministres essentiellement consacré à la situation sécuritaire. Ces militaires faisaient partie des équipes de recherches de policiers disparus, a-t-il précisé.Onze policiers ont été tués lundi lors d'une embuscade de jihadistes présumés, sur l'axe Barsalogho-Foubé, dans la région du Centre-Nord. Quatre policiers étaient portés disparus après cette attaque.Le porte-parole a par ailleurs annoncé que, lundi également, "une autre attaque" a touché des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) dont l'un a été tué dans la région du Nord. Une "dizaine" de volontaires étaient toujours portés disparus mercredi, selon lui.Créés en décembre 2019, les VDP sont des supplétifs civils qui interviennent aux côtés des forces armées. Plus de 200 d'entre eux ont été tués depuis 2020, selon un décompte de l'AFP.M. Tamboura a également affirmé qu'une composante du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste au Sahel liée à Al-Qaïda, était responsable de l'attaque de Solhan (Nord-Es) dans la nuit du 4 au 5 juin, au cours de laquelle au moins 132 personnes selon le gouvernement, 160 selon des sources locales, avaient été tuées.Depuis l'attaque de Solhan, la plus meurtrière depuis le début des actions jihadistes au Burkina en 2015, l'armée a affirmé avoir tué une vingtaine de "terroristes".Les attaques de plus en plus fréquentes dans le nord du Burkina, Faso ne sont pas "nécessairement une menace qui traverse les frontières au vu et au su de tout le monde, ça devient pratiquement des attaques fratricides et ceci peut expliquer la violence avec laquelle elles sont menées", a par ailleurs souligné le porte-parole. En six ans, les attaques de groupes jihadistes affiliés à l'organisation Etat islamique (EI) et à Al-Qaïda ont fait plus de 1.400 morts et contraint un million de personnes à fuir leur foyer dans ce pays sahélien pauvre.