Burkina : la société civile dénonce les violences des jihadistes et des forces de l'ordre

Par AFP

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Trois organisations de la société civile burkinabè ont dénoncé vendredi des "assassinats" perpétrés par des groupes jihadistes mais aussi des exécutions extrajudiciaires commises par les forces de l'ordre, appelant les autorités à "garantir la sécurité et les libertés démocratique et politique".

L'Organisation Démocratique de la Jeunesse du Burkina (ODJ), le Collectif contre l'Impunité et la Stigmatisation des Communautés (CISC) et le Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et des Peuples (MBDHP) ont exigé "l'arrêt des assassinats ciblés et de masse, les arrestations arbitraires et les disparitions forcées, ainsi que le démantèlement des escadrons de la mort", selon les propos du président de l'ODJ, le Dr Gabin Korbéogo, lors d'une conférence de presse.En mai, deux responsables de l'ODJ ont été retrouvés morts à Sebba alors qu'ils se rendaient à une audience avec le haut-commissaire de la province du Yagha, dans le nord du pays.A la même époque, deux personnes accusées de complicité avec des jihadistes sont mortes alors qu'elles étaient détenues par la gendarmerie, selon les trois organisations de la société civile, qui ont dénoncé le "refus (de pratiquer une) autopsie des corps".Fin mai, les forces armées burkinabè avaient annoncé avoir neutralisé "146 terroristes" au cours d'une opération dans trois départements du nord. Pour la société civile, ces 146 personnes ont été victimes d'exécutions sommaires par les forces de défense et de sécurité, sous le couvert de la lutte antiterroriste."En lieu et place d'un traitement diligent et sérieux des dossiers, des responsables de nos organisations et des proches des victimes font face à la stigmatisation, à des intimidations, à des menaces", ont dénoncé les trois organisations.Le secrétaire général du CISC, le Dr Daouda Diallo, a annoncé des manifestations, dont une marche silencieuse (le 17 août) et un meeting (le 31 août) à Ouagadougou.Le Burkina Faso fait face depuis quatre ans et demi à des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières, en particulier dans le nord et l'est du pays, qui ont fait plus de 500 morts.Ce pays sahélien pauvre d'Afrique de l'Ouest est aussi le théâtre de conflits intercommunautaires ayant engendré plusieurs milliers de déplacés.