Cameroun: audience encore reportée pour le leader de l'opposition "séquestré"

Par AFP

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L'examen d'une plainte du leader de l'opposition camerounaise Maurice Kamto, qui s'estime "séquestré" à domicile sans procédure judiciaire depuis plus de cinq semaines, a été à nouveau renvoyé jeudi au 12 novembre par le tribunal de Yaoundé.

Maurice Kamto poursuit l'État pour "voie de fait administrative" et affirme qu'il est "séquestré" chez lui contre son gré depuis le 21 septembre pour avoir appelé à "des marches pacifiques" contre le régime de Paul Biya, au pouvoir depuis 38 ans Après un premier renvoi mi-octobre, le juge a reporté jeudi l'audience au 12 novembre. Ce deuxième renvoi intervient alors que M. Kamto est toujours reclus dans sa maison, entourée par des forces policières. "Il n'y a hélas aucune évolution! Mon domicile est toujours encerclé par des policiers et des gendarmes", a-t-il affirmé jeudi à l'AFP."Le 22 octobre, dès que j'ai essayé de mettre le nez dehors, j'ai été aussitôt encerclé par des policiers et des gendarmes dont le commandant m'a ordonné de rentrer dans ma concession. Et j'y suis toujours depuis plus d'un mois maintenant", a-t-il ajouté. Au tribunal, un de ses avocats, Me Emmanuel Simh, s'est offusqué de la situation actuelle de son client, "privé de liberté (...) sans aucun mandat de justice, sans aucun acte d'administration". Aucun des représentants de l'État présents à l'audience n'a réagi à cette accusation. En saisissant le tribunal, le principal dirigeant d'opposition espère que le juge obligera les autorités à mettre un terme à cette situation. Un représentant de l'État a contesté jeudi la compétence du tribunal de première instance qui juge cette affaire, demandant à celui-ci de se dessaisir de la procédure. Les avocats de M. Kamto ont promis de réagir par écrit. Les experts des droits de l'Homme des Nations unies avaient demandé le 13 octobre au Cameroun "de libérer le principal dirigeant d'opposition".Le 22 septembre, la police avait très violemment dispersé des centaines de manifestants notamment à Douala (sud), la capitale économique. Plus de 500 manifestants avaient été arrêtés dans plusieurs villes du pays. Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), le parti de M. Kamto, et d'autres partis d'opposition avaient appelé à ces rassemblements.