Cameroun: huit civils tués par deux kamikazes de Boko Haram

Par AFP

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Huit civils camerounais ont été tués dimanche soir dans un double attentat-suicideperpétré par des "terroristes" à Amchidé, dans l'Extrême-Nord du Cameroun, a annoncé lundi le ministre de la Défense, une attaque attribuée par plusieurs sources au groupe jihadiste Boko Haram.

Les deux kamikazes, "deux jeunes garçons", portaient "des charges explosives qu'ils ont aussitôt actionnées", affirme le ministre, Joseph Beti Assomo, dans un communiqué où il précise que l'attaque a fait 10 morts dont les deux assaillants et 14 blessés, dont 10 graves. "Deux kamikazes de Boko Haram se sont fait exploser" dans cette localité située à la frontière avec le Nigeria, avait affirmé sous couvert d'anonymat un officier de police. "Parmi les victimes, il y a un chef de village et deux adolescents d'environ 15 ans", a précisé à l'AFP une autorité locale.Selon cette dernière, l'attaque s'est produite alors que les victimes "retournaient chez elles", traversant une zone où les autorités déconseillent les déplacements après 18H00 en raison des risques d'attaques de jihadistes.Petit carrefour commercial stratégique dans les échanges commerciaux entre le Cameroun et le Nigeria, Amchidé a été l'un des épicentres du conflit opposant soldats camerounais et combattants de Boko Haram.Née au Nigeria en 2009, l'insurrection de Boko Haram s'est peu à peu propagée dans d'autres pays de la région, et l'armée camerounaise s'oppose frontalement à ses combattants depuis 2014.Tout comme le Nigeria, le Tchad et le Niger, l'Extrême-Nord du Cameroun longe une partie du lac Tchad, immense étendue d'eau marécageuse parsemée d'îlots où les combattants de Boko Haram et de sa faction affiliée au groupe Etat islamique, ISWAP, sont particulièrement actifs.Depuis plusieurs mois, les attaques dans la zone du lac se sont intensifées. Selon Amnesty International, au moins 275 personnes, dont une majorité de civils, ont été tuées en 2019 dans l'Extrême-Nord.Au Tchad, après la mort d'une centaine de soldats dans une attaque fin mars, le président Idriss Déby Itno a lancé une contre-offensive contre les groupes jihadistes.