Centrafrique: cinq morts dans des affrontements intercommunautaires à Bria

25 août 2015 à 19h35 par La rédaction

Bangui (AFP)

Au moins cinq personnes ont été tuées mardi et huit blessées au cours d'affrontements intercommunautaires qui ont éclaté dans un village près de Bria, une ville minière de l'est de la Centrafrique, a appris l'AFP de source proche de la gendarmerie.

"D'après les premières informations, des peuls (musulmans) armés ont blessé un jeune qu'ils considéraient comme étant un anti-balaka (un milicien chrétien).Alertés, les villageois ont en représailles tué un jeune peul et la situation a dégénéré en affrontements entraînant cinq morts et huit blessés.Cinq maisons ont été incendiées", a déclaré cette source de la gendarmerie de Bambari, située à 200 kilomètres de Bria.

Selon la même source, "la situation à Bria est en ce moment sous contrôle des Casques bleus de la Minusca (la mission de l'ONU en Centrafrique), dont l'intervention a permis d'arrêter les violences".

"Les tirs entendus dans le village ont provoqué la fuite de nombreux habitants en brousse ou en direction des villages voisins", a indiqué Paul Goné, habitant de Bria."Les dignitaires religieux de la localité ont entrepris des démarches destinées à favoriser le retour des habitants qui ont fui", a-t-il ajouté.

Ces affrontements surviennent après ceux qui ont fait au moins 20 morts et plusieurs dizaines de blessés à Bambari (centre) dans des violences similaires.

Jeudi dernier, des affrontements avaient éclaté à Bambari entre anti-balaka et jeunes musulmans appuyés par des membres de l'ex-rébellion séléka (à dominante musulmane), après la découverte du corps d'un jeune musulman tué par des individus considérés comme étant des anti-balaka.

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la Séléka a plongé l'ex-colonie française dans sa plus grave crise depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries de masse entre communautés musulmane et chrétienne.

Malgré une intervention internationale en décembre 2013 (force française Sangaris et onusienne Minusca), le pays, l'un des plus pauvres au monde, peine à se stabiliser.Les violences intercommunautaires et les actes de banditisme sont fréquents dans la plupart des régions.