Centrafrique: l'aéroport de Bangui évacué et rouvert

30 août 2013 à 9h38 par La rédaction

BANGUI (AFP)

L'aéroport international de Bangui a été rouvert au trafic après l'évacuation jeudi soir des derniers habitants d'un quartier voisin qui s'étaient réfugiés sur la piste pour fuir les exactions perpétrées par des combattants de l'ex-rébellion Séléka, a-t-on appris vendredi de source aéroportuaire.

"Des éléments de la Misca (force africaine en Centrafrique) et les forces françaises qui assurent la sécurité de l'aéroport ont réussi à convaincre le reste des manifestants encore sur le tarmac jeudi soir de quitter les lieux", a indiqué à l'AFP sous couvert d'anonymat cette source, précisant qu'un avion miliaire français "de type Transall a même atterri tard dans la nuit".

La veille, les soldats de la Misca avaient finalement fait usage de gaz lacrymogènes pour évacuer les habitants installés sur la piste, mais quelques centaines étaient restés dans le périmètre aéroportuaire, craignant toujours pour leur sécurité dans le quartier voisin de Boeing.

Le président de transition Michel Djotodia a reçu jeudi des représentants de ces déplacés, qui se sont dits "excédés, exaspérés, dépassés par les exactions des éléments du Séléka", la rébellion qui a pris le pouvoir en mars.

"J'ai dit et redit qu'il n'y a plus de place pour l'impunité dans notre pays.Ceux qui commettent ces exactions, s'ils sont identifiés, eh bien, ils seront arrêtés et poursuivis", a affirmé le président qui s'exprimait en sango, la langue nationale.

L'insécurité règne dans ce quartier, considéré comme un fief de l'ancien président François Bozizé, et plus généralement dans tout le nord de la capitale, où les ex-rebelles du Séléka sont accusés d'exactions à répétition contre la population.

Les autorités centrafricaines ont annoncé mercredi avoir déployé environ 300 policiers, gendarmes et membres de la Misca pour sécuriser les quartiers nord de Bangui et le président Djotodia a interdit aux combattants issus du Séléka de participer aux opérations de maintien de l'ordre dans la capitale.