Côte d'Ivoire: retour de partisans de Gbagbo après dix ans d'exil

Par AFP

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Des partisans de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, dont d'anciens cadres de son parti et sa soeur cadette Jeannette Koudou, sont rentrés vendredi à Abidjan après dix ans d'exil au Ghana, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ce retour de six partisans de l'ancien chef de l'Etat s'est fait sous la houlette du Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), en accord avec le gouvernement ivoirien, au nom de la "réconciliation nationale".Les six exilés, parmi lesquels figurent l'ancien ministre du Budget Justin Katinan Koné, sont arrivés par avion à l'aéroport d'Abidjan où les attendaient un trentaine de sympathisants, maintenus à bonne distance par la police."L'arrivée de nos camarades est un pas vers la réconciliation, nous souhaitons que le processus s'accélère avec l'arrivée au pays de notre mentor Laurent Gbagbo", a déclaré Gnaly Yazi, responsable de la diaspora au sein du parti de l'ex-président, le Front populaire ivoirien (FPI)."On veut Gbagbo!" scandaient ses partisans venus à l'aéroport.Parmi les exilés de retour, figure aussi Damana Pikass, qui s'était rendu célèbre en déchirant en direct à la télévision le document que venait de lire le président de la commission électorale donnant vainqueur Alassane Ouattara face à Laurent Gbagbo à la présidentielle de 2010.Ce refus de Gbagbo d'admettre sa défaite avait provoqué une grave crise post-électorale qui avait fait quelque 3.000 morts.Le retour de ces exilés précède celui attendu de Laurent Gbagbo lui-même, après son acquittement le 31 mars par la justice internationale de crimes contre l'humanité commis pendant cette crise.Début avril, le président Ouattara a annoncé que M. Gbagbo était libre de rentrer en Côte d'Ivoire - depuis Bruxelles où il vit actuellement - quand il le souhaitait, mais aucune date n'a encore été arrêtée.Des discussions sont en cours entre le gouvernement et le FPI pour fixer les modalités et la date de ce retour.Alassane Ouattara a été réélu en octobre 2020 pour un troisième mandat controversé lors d'une présidentielle boycottée par l'opposition, ayant donné lieu à une crise électorale qui a fait une centaine de morts et un demi-millier de blessés entre août et novembre 2020. La tension est néanmoins retombée, les élections législatives de mars s'étant déroulées dans le calme et avec la participation de l'opposition.Les gestes d'apaisement se multiplient depuis : retour d'exilés et libération de prisonniers politiques, dont celle d'une figure de la société civile ivoirienne, Pulcherie Gbalet, emprisonnée pendant huit mois pour avoir contesté le troisième mandat d'Alassane Ouattara.