Côte d'Ivoire: toujours l'impasse, le camp Ouattara dément toute rencontre avec Gbagbo

Par La rédaction

ABUJA (AFP)

La crise en Côte d'Ivoire est toujours dans l'impasse, a déclaré mardi le président nigérian et dirigeant ouest-africain Goodluck Jonathan au lendemain d'une visite à Abidjan de quatre médiateurs qui ont tenté d'y trouver une issue pacifique.

"Il y a toujours une impasse", a déclaré à des journalistes M. Jonathan, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, Cédéao.

Le Premier ministre kényan Raila Odinga, l'un des médiateurs africains dans la crise en Côte d'Ivoire, avait peu auparavant assuré que les deux présidents proclamés, Laurent Ggagbo et Alassane Ouattara, avaient accepté de se rencontrer, mais l'information a été immédiatement démenti le camp Ouattara.

"Nous avons rompu la glace.Nous avons entamé les discussions.Ils (MM.Gbagbo et Ouattara) ont accepté de se rencontrer face à face mais à certaines conditions", a déclaré à l'AFP M. Odinga, médiateur pour l'Union africaine (UA).

 Cependant, le camp d'Alassane Ouattara, reconnu président légitime de la Côte d'Ivoire par l'essentiel de la communauté internationale, a fermement démenti qu'une rencontre soit prévue avec M. Gbagbo. "C'est totalement faux.Cette proposition a été faite par Odinga et nous l'avons totalement rejetée", a déclaré à l'AFP Ali Coulibaly, conseiller diplomatique de M. Ouattara. "Nous ne sommes pas contents" de cette déclaration et "nous la démentons totalement", a insisté M. Coulibaly.

Le président Jonathan s'exprimait après avoir quitté temporairement une réunion avec les émissaires africains venus lui rendre compte de leur mission à Abidjan. 

M. Ouattara a été largement reconnu comme le chef de l'Etat légitime par la communauté internationale qui presse Laurent Gbagbo, installé au palais présidentiel, de lui céder le pouvoir. M.Odinga et les trois émissaires de la Cédéao, les présidents Boni Yayi (Bénin), Ernest Koroma (Sierra Leone) et Pedro Pires (Cap-Vert), avaient quitté Abidjan sans annoncer une quelconque percée.

Installé au palais présidentiel, Laurent Gbagbo est sous la menace d'une opération militaire, actuellement en préparation, de la Cédéao s'il refuse de céder le pouvoir à son rival.

"Nous avons eu des discussions utiles avec les parties en Côte d'Ivoire.C'était un début utile.Davantage d'efforts vont devoir être faits pour obtenir la paix", a déclaré M. Odinga juste avant la rencontre avec Goodluck Jonathan.

Il a précisé qu'une déclaration serait faite plus tard à Abuja "sur l'issue de la mission" de lundi et "la marche à suivre pour la suite".

M. Jonathan a quitté temporairement la réunion sur la Côte d'Ivoire mais celle-ci se poursuivait.

"L'équipe poursuit la rencontre.Je reviendrai les rejoindre.Nous allons continuer les discussions mais la position de la Cédéao est toujours celle énoncée dans le communiqué publié après notre rencontre" du 24 décembre, exigeant un départ de M. Gbagbo, a-t-il dit. "Nous dialoguons", a ajouté le président nigérian, expliquant que "tout ce qui touche à une crise nationale prend du temps".

"Ne vous attendez pas que, s'il se produit une crise majeure dans un pays, il suffit que vous vous y impliquiez une semaine pour que l'affaire soit résolue.Il faut beaucoup de pression internationale pour convaincre des gens comme ça", a déclaré M. Jonathan.