Crimes contre l'humanité au Tchad: un des trois suspects remis en liberté

20 juin 2019 à 12h25 par AFP

AFRICA RADIO

L'un des deux hommes arrêtés lundi en France en même temps que le chef rebelle tchadien Mahamat Nouri, dans une enquête à Paris sur des soupçons de crimes contre l'humanité commis au Tchad et au Darfour, a été remis en liberté, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.

Sa garde à vue "a été levée hier soir (mercredi) en l'absence d'élément incriminant", a précisé le parquet de Paris.L'homme avait été interpellé lundi à Tours, dans le centre de la France, par l'office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH).Selon des sources concordantes, non confirmées par le parquet, il s'agissait d'Abderahmane Khalifa Abdelkerim, demi-frère d'un autre chef rebelle tchadien, Mahamat Nour Abdelhakim.Les gardes à vue du général Mahamat Nouri, considéré comme l'un des plus influents chefs rebelles au régime du président tchadien Idriss Déby Itno, et de l'opposant Abakar Tollimi étaient toujours en cours jeudi, selon le parquet.Ces gardes à vue, qui peuvent durer jusqu'à 96 heures, doivent se terminer au plus tard vendredi matin. Le parquet devra décider d'ici là des éventuelles suites judiciaires à réserver aux deux hommes, arrêtés lundi en région parisienne et dans l'ouest du pays.Ces arrestations ont mis au jour l'enquête préliminaire menée par le parquet de Paris depuis le 10 mai 2017 pour des soupçons de crimes contre l'humanité, complicité de ces crimes, et association de malfaiteurs criminelle. "Ils sont suspectés d'avoir diligenté des opérations de recrutements forcés de combattants, dont des mineurs, au soutien des groupes rebelles", a précisé une source proche du dossier.Les faits reprochés se sont déroulés entre 2005 et 2010 dans l'est du Tchad et dans la province frontalière soudanaise du Darfour.Ces régions étaient à l'époque le théâtre de violences intercommunautaires, d'attaques de milices et de résurgences de la crise politique.Dans un communiqué, l'association la Convention tchadienne de défense des droits de l'homme s'est pour sa part dite "profondément atterrée par la vague d'arrestations injustifiées et arbitrairee opérées par les autorités françaises dans le milieu de l'opposition en exil".Le pôle crimes contre l'humanité et crimes de guerre du tribunal de Paris s'était saisi du dossier tchadien en vertu d'une compétence universelle qui l'autorise à poursuivre des suspects de ces crimes les plus graves s'ils passent sur le territoire français.