Crise alimentaire au Sahel: les ONG s'alarment du manque de financement

23 avril 2012 à 10h38 par La rédaction

DAKAR (AFP) - (AFP)

Plusieurs organisations humanitaires internationales, dont Action contre la Faim et Oxfam, ont lancé lundi un cri d'alarme contre le risque d'une grave famine au Sahel, qui pourrait toucher des millions de personnes si les fonds promis ne sont pas versés.

A ce jour, Action Contre la Faim, Oxfam, Save the Children et World Vision ont réussi à "mobiliser moins du tiers de leurs besoins de financement pour les prochains mois", soit 52 millions de dollars sur près de 250 millions nécessaires, indiquent un communiqué de ces ONG qui fournissent une aide d'urgence à 6 millions de personnes dans la région.

Faute de financement, ces organisations devront réduire "significativement" leurs programmes d'aide, privant avant ainsi plus de 2 millions de personnes d'une assistance essentielle.

Selon les Nations unies, plus de 23 millions de personnes pourraient être touchées par une crise alimentaire au Niger, au Tchad, au Mali, au Burkina Faso, en Mauritanie et au Sénégal, frappés par de mauvaises récoltes l'an dernier.

Dans de nombreuses zones de la bande sahélienne, les ONG disent avoir déjà constaté une augmentation des taux de malnutrition.

"Au Tchad, dans la région de Kanem, le taux de malnutrition sévère dépasse déjà le seuil d'urgence de 15%", indique Patricia Hoorelbeke, représentante régionale d'ACF en Afrique de l'Ouest.

En Mauritanie, "nous avons vu des femmes contraintes de rechercher des graines de céréales dans les fourmilières pour survivre", ajoute Steve Cockburn, responsable régional à Oxfam.

"Nous sommes prêts à apporter de l'aide à des millions de personnes, mais le temps est compté pour l'exécution des programmes avant que la crise n'atteigne son paroxysme, et les financements sont donc urgemment nécessaires", souligne M. Cockburn, qui appelle l'ONU à organiser "une conférence des donateurs dès que possible" afin de ne pas priver d'aide les 15 millions de personnes qui risquent d'être touchées par la famine au Sahel.