Darfour: un chef de milice sera jugé par la Cour pénale internationale

9 juillet 2021 à 16h03 par AFP

AFRICA RADIO

Un chef de la milice janjawid, force supplétive du gouvernement soudanais accusée d'exactions durant le conflit du Darfour, sera jugé pour crimes de guerres et crimes contre l'humanité, ont annoncé les juges internationaux vendredi.


Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, également connu sous son nom de guerre Ali Kosheib, sera jugé pour 31 chefs de crimes de guerre et contre l'humanité, comprenant meurtre, viol, et torture, a annoncé la Cour pénale internationale (CPI), située à la Haye (Pays-Bas), dans un communiqué. "La Chambre préliminaire (...) a, à l'unanimité, rendu une décision confirmant les charges portées par le procureur (...) et a renvoyé l'affaire en procès devant une chambre de première instance", a déclaré la CPI. M. Abd-Al-Rahman, collaborateur de l'ex-président soudanais Omar el-Béchir (1989-2019), a été "l'auteur très actif" de meurtres commis en 2003-2004 au Darfour, ont affirmé les procureurs en mai. L'accusé de 70 ans, qui s'est rendu en juin 2020 à la CPI après 13 ans de fuite, dément les charges. "Les victimes des crimes du suspect sont innombrables et leurs souffrances immenses. La douleur infligée aux victimes de ces crimes persiste", avait déclaré en mai à la Cour Fatou Bensouda, procureure générale sortante. "Les preuves montrent que M. Abd-Al-Rahman était l'auteur conscient, volontaire et actif de ces crimes. Il a joué un rôle crucial, dirigeant des attaques, commettant des meurtres et ordonnant d'autres meurtres", a-t-elle ajouté lors d'une audience visant à définir s'il y avait assez de preuves pour un procès.Trois juges de la CPI ont conclu qu'il existe "des motifs substantiels de croire que M. Abd-Al-Rahman est responsable de 31 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité", indique le communiqué. La date du procès n'est pas encore connue. Omar el-Béchir, qui a dirigé le Soudan d'une main de fer pendant trois décennies avant d'être destitué en avril 2019 après des mois de manifestations, est également recherché par la CPI pour génocide.Avant de se livrer, M. Abd-Al-Rahman avait fui en République centrafricaine en février 2020 lorsque le nouveau gouvernement soudanais avait annoncé son intention de coopérer avec les enquêteurs de la CPI.Le gouvernement soudanais de transition est en pourparlers avec la CPI sur les modalités de procès pour M. Béchir et ses collaborateurs mis en cause dans les exactions au Darfour. Le conflit avait éclaté en 2003 lorsque des membres de minorités ethnique avaient pris les armes contre le régime de Khartoum, dominé par la majorité arabe. Le bilan humain du conflit est estimé à 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l'ONU.