Déchets toxiques à Abidjan: la dépollution des sites exigée par les victimes

Par La rédaction

ABIDJAN (AFP)

Une association des victimes des déchets toxiques, déversés le 18 août 2006 à Abidjan, a réclamé jeudi, quatre ans après le drame, la dépollution complète des sites contaminés, disant craindre une catastrophe écologique dans la capitale économique ivoirienne.

"Quatre ans après, nous constatons un impact catastrophique sur l'environnement à Abidjan parce que la dépollution n'est pas encore achevée", a déclaré Claude Gohourou, président de la Coordination nationale des victimes des déchets toxiques (CNVDT-CI), lors d'une cérémonie.

"A Abidjan des espaces fermés portent l'inscription +zone interdite, danger de mort+, exposant à une contamination réelle une population de 6 millions d'habitants, la flore et la faune" de la capitale économique ivoirienne, a déploré M. Gohourou, à l'AFP.

"Nous nous inquiétons du parcours de ce poison dans les sols contaminés", a-t-il poursuivi, estimant que "le nombre de personnes et d'espaces touchés s'est élargi en quatre ans".

Pour lui, la société Trafigura, affréteur du cargo Probo Koala "doit s'engager dans la dépollution complète, à l'instar du géant pétrolier britannique BP", pour sa responsabilité dans la marée noire survenue dans le golfe du Mexique.

Le déversement de résidus toxiques du cargo Probo Koala à Abidjan en août 2006 avait causé la mort de 17 personnes, selon la justice ivoirienne, et des milliers d'intoxications.La compagnie a toujours nié qu'il ait pu provoquer décès et maladies graves.

En février 2007, Trafigura avait conclu un accord amiable avec l'Etat ivoirien qui arrêtait toute poursuite en contrepartie du versement d'une indemnisation globale de plus de 100 milliards de FCFA (152 millions d'euros), dont un quart seulement est allé aux victimes.