Dépêches AFP

Des fonctionnaires manifestent à Bamako pour la libération des otages maliens

15 octobre 2020 à 14h26 Par AFP
Des représentants des fonctionnaires maliens ont manifesté jeudi à Bamako pour exiger la libération de tous les otages, accusant le gouvernement de se préoccuper quasi exclusivement des otages étrangers, une semaine après la libération d'une Française et de deux Italiens. Cette manifestation coïncide avec le premier des trois jours de deuil national décrétés par le président de transition Bah Ndaw pour les 12 civils et 11 militaires tués mardi par de présumés jihadistes dans le centre du Mali, près de la frontière burkinabé."A bas une libération sélective des otages maliens", "la sécurité pour les représentants de l'Etat", pouvait-on lire sur les banderoles brandies par les manifestants, au nombre d'une centaine, selon un correspondant de l'AFP. "Libérez tous les otages maliens!" ont scandé les participants."L'objectif de cette marche c'est de soutenir nos camarades pris en otage par des terroristes", a expliqué à l'AFP Abdoulaye Djiré, un administrateur civil. "On ne peut pas comprendre qu'on puisse libérer quatre otages, dont trois étrangers, contre plus de 200 prisonniers terroristes en oubliant les représentants de l'Etat", a-t-il ajouté.Il faisait référence aux 200 détenus relâchés à la demande des groupes jihadistes en échange de la libération d'un dirigeant de l'opposition, Soumaïla Cissé, de la Française Sophie Pétronin et de deux Italiens.Des participants brandissaient les photos d'un préfet de la région de Tombouctou (nord-ouest) et d'un sous-préfet de la région de Ségou (centre) enlevés depuis de nombreux mois.Tous deux font partie des huit préfets et sous-préfets enlevés de 2018 à 2020, selon la motion syndicale conjointe remise au terme de la marche au bureau du Premier ministre. De plus, une dizaine de responsables administratifs municipaux "sont retenus tous depuis plus d'une année", selon le texte."Au 31 août, 17% des administrateurs civils du nord du Mali et de la région de Mopti (centre, NDLR) étaient physiquement présents dans leur lieu d'affectation, dont 29% des préfets et 14% des sous-préfets", selon le dernier rapport trimestriel sur le Mali du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.En raison principalement de l'insécurité dans ces régions, "la majorité des administrateurs font la navette entre leur lieu d'affectation et le cercle ou la capitale régionale la plus proche", selon le texte.