Des niveaux "inquiétants" de malnutrition chez des réfugiés nigérians (Action contre la Faim)

Par AFP

AFRICA RADIO

L'ONG française Action contre la Faim affirme jeudi avoir relevé des taux de malnutrition aigüe "deux fois supérieurs au seuil d'urgence" parmi des réfugiés nigérians qui ont fui vers le nord du Cameroun pour échapper aux attaques du groupe jihadiste Boko Haram.

Quelque 30.000 personnes ont récemment fui Rann, dans le nord-est du Nigeria, vers Goura au Cameroun, pour échapper aux jihadistes du groupe Boko Haram qui ont pris le contrôle de la ville, a-t-on appris au début de la semaine. "La majorité des réfugiés sont des femmes, des enfants et des personnes âgées particulièrement vulnérables. Les premières évaluations menées par les équipes d'urgence d'Action contre la Faim montrent des taux de malnutrition aigüe sévère deux fois supérieur au seuil d'urgence", s'alarme l'ONG dans un communiqué.Sur 976 enfants de moins de 5 ans, 4% souffrent de malnutrition aigüe sévère nécessitant "une prise en charge médicale immédiate" et 8% sont atteints de malnutrition aigüe modérée. "Les évaluations menées par les équipes d'Action contre la Faim à Goura sont particulièrement inquiétantes", explique Aurélie Caremille, représentante d'ACF au Cameroun. Deux cliniques mobiles ont été déployées par l'ONG afin d'apporter des soins aux populations. L'insurrection jihadiste, qui a débuté dans le nord-est du Nigeria en 2009, a fait plus de 27.000 morts et provoqué une grave crise humanitaire.Ces derniers mois, les attaques se multiplient, à l'image de celle de Rann où les assaillants n'ont pas rencontré de résistance pour reprendre le contrôle de la ville après le départ des soldats camerounais et nigérians qui la protégeaient, selon des sources civiles et humanitaires. Aucune explication officielle n'a été donnée à ce retrait. Depuis le mois de novembre, plus de 100.000 personnes ont été obligées de fuir leurs maisons dans le nord-est du Nigeria, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).