"Diamants sales": Grace Mugabe, mise en cause par WikiLeaks, poursuit un journal en diffamation

16 décembre 2010 à 13h02 par La rédaction

HARARE (AFP)

La femme du président zimbabwéen Robert Mugabe a déposé plainte pour diffamation contre un journal qui a publié une note diplomatique américaine divulguée par Wikileaks l'accusant d'avoir gagné des millions de dollars grâce à la vente illégale de diamants, ont rapporté des journaux jeudi.

Selon le quotidien d'Etat Herald, la première Dame a déposé mercredi une plainte en diffamation contre le Standard à qui elle réclame 15 millions de dollars de dommages et intérêts.

La semaine dernière, le Standard, citant une note envoyée à Washington en 2008 par l'ambassadeur américain James McGee, avait révélé que Grace Mugabe avait gagné des millions de dollars avec la vente illégale de diamants de la mine de Marange, dans l'est du Zimbabwe.

L'avocat de la plaignante, George Chikumbirike, a relevé que l'article incriminé avait accusé à tort Grace Mugabe de corruption, laissant entendre qu'elle "s'était servie de sa position de première Dame pour avoir accès clandestinement aux diamants et s'être enrichie alors que son pays était sérieusement en manque de devises".

"Un petit groupe de responsables politiques ont tiré des profits énormes des champs de Chiadzwa" dans le district de Marange, écrivait en novembre 2008 l'ambassade américaine dans un télégramme transmis à Washington.

Parmi eux, le gouverneur de la Banque centrale Gideon Gono, Mme Mugabe, la soeur du président Sabina (décédé en juillet dernier), la vice-présidente Joyce Mujuru ou encore le chef des armées Constantine Chiwenga "ont tous été impliqués dans le commerce des diamants", ajoutait le télégramme.

D'après les sources de l'ambassade, ces responsables ont embauché des petits prospecteurs pour qu'ils extraient les gemmes à leur compte et ont revendu "ces diamants non certifiés" à des acheteurs étrangers, qui les ont exfiltrés du pays en dehors de tout réseau officiel.