Ebola en RDC: le gouvernement promet d'"agir" contre des humanitaires accusés d'abus sexuels

Par AFP

AFRICA RADIO

Le gouvernement congolais a promis jeudi d'"agir" contre des agents des Organisations internationales accusés d'abus sexuels lors de la lutte contre l'épidémie de la fièvre hémorragique d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo.

Plus de 50 femmes congolaises affirment avoir été victimes d'exploitation sexuelle, sous forme de chantage à l'emploi, par des employés, déployés dans la lutte contre Ebola entre 2018 et 2020, par des agences de l'ONU, notamment l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance)."Le gouvernement congolais va agir. Nous allons constituer une équipe d'enquête qui va se rendre au Nord-Kivu (...) et va établir des responsabilités" et sanctionner, a déclaré à la presse le Dr Eteni Longondo, ministre congolais de la Santé."Nous avions contacté l'OMS qui va organiser une enquête internationale parce que ce sont des fonctionnaires internationaux qui sont les plus nombreux" à se livrer à "ce genre d'exploitation sexuelle", a-t-il précisé, indiquant avoir contacté également l'autre agence de l'ONU, l'Unicef.La RDC organisera aussi une autre enquête ciblant des fonctionnaires congolais en vue "de prévenir ce genre de comportement" dans la province de l'Équateur (nord-ouest) qui fait face à une nouvelle épidémie d'Ebola, la onzième enregistrée dans le pays, qui a fait 50 décès depuis juin."Dès qu'on attrape(ra) quelqu'un, il sera immédiatement traduit en justice", a prévenu le ministre Eteni Longondo.La précédente épidémie d'Ebola, la dixième, avait provoqué 2.287 morts pour 3.470 cas entre août 2018 et juin 2020.Un milliard de dollars ont été investis pour lutter contre cette épidémie.Pour les habitants des régions frappées par Ebola, en majorité pauvres ou mal payés, cette manne a représenté une occasion rare de décrocher un emploi d'infirmier, sensibilisateur, chauffeur, agent de sécurité, femme de ménage, au sein des équipes de la riposte anti-Ebola.