Egypte: Amnesty accuse l'armée de pratiquer la torture

Par La rédaction

LE CAIRE (AFP)

Amnesty International a accusé jeudi l'armée égyptienne d'avoir employé la torture contre des militants anti-régime lors des récentes manifestations qui ont abouti à la chute du président Hosni Moubarak.

"Les autorités militaires doivent intervenir pour faire cesser la torture et d'autres mauvais traitements contre des détenus, dont nous savons qu'ils ont eu lieu lors de détentions par des militaires", déclare l'organisation de défense des droits de l'Homme dans un communiqué.

"D'anciens détenus ont dit à Amnesty avoir été torturés, notamment fouettés ou soumis à des chocs électriques, après avoir été arrêtés par des militaires dans les derniers jours avant le départ du président Hosni Moubarak" le 11 février, selon ce communiqué.

"On m'a attaché les jambes avec une chaîne ou une corde pour me soulever la tête en bas.De temps en temps on me plongeait dans un tonneau rempli d'eau.On m'a dit d'avouer que j'avais été entraîné par Israël ou par l'Iran", a raconté une personne âgée de 18 ans à Amnesty.

Le communiqué fait notamment état de tortures par des soldats dans une annexe du Musée Egyptien, près de la place Tahrir, épicentre des manifestations au Caire.

Il signale également des mauvais traitements sur des personnes arrêtées et détenues à l'académie militaire Nasser du quartier d'Agouza, au Caire, où elles ont reçu des coups de fouet et des décharges électriques.

L'organisation demande aux autorités militaires de donner les noms et des informations sur tous les détenus, et de les relâcher s'il n'y a pas de charges criminelles précises contre elles.Amnesty demande également une enquête "rapide, complète et impartiale" sur les cas de tortures rapportés.

"Les autorités militaires égyptiennes se sont engagées publiquement à créer un climat de liberté et de démocratie après tant d'années de répression d'Etat.Elles doivent désormais faire en sorte que leurs actions reflètent leur discours", affirme le responsable d'Amnesty pour le Moyen-Orient, Malcolm Smart.

L'organisation américaine Human Rights Watch (HRW) a également accusé récemment l'armée d'avoir "détenu arbitrairement au moins 119 personnes" au cours de la révolte en Egypte, et fait état de cinq cas de torture.

Plusieurs pays et responsables politiques égyptiens ont salué la "retenue" de l'armée pendant la crise, faisant porter l'essentiel des violences sur la police et les hommes de main du régime.