Exclusif : Interview de Youssou Ndour sur Africa N°1

Par La rédaction

La course à la présidentielle au Sénégal est engagée. De nombreux candidats se sont déjà dévoilés. Dernier en date l'artiste-musicien Youssou Ndour qui jouit d'une grande popularité au Sénégal et qui dit vouloir être une sentinelle du peuple. Il est déjà à la tête d'un mouvement citoyen et il franchit donc une étape de plus dans l'engagement. Mais à la suite de son annonce plusieurs voix se sont fait entendre mettant en doute sa crédibilité, il est attaqué notamment sur son manque de formation. Youssou Ndour y répond.Youssou Ndour, tout d'abord qu'est-ce qui vous a motivé à vous déclarer candidat à l'élection présidentielle sénégalaise ?Merci, je crois d'abord qu'il y a plusieurs raisons mais je vais évoquer les 2 raisons qui sont venues du peuple. Le peuple du Sénégal a senti que pendant 50 ans le pays a été géré par les partis traditionnels. Si je parle des partis traditionnels c'est que les gouvernements socialiste et démocratique PDF ont travaillé durant 50 ans mais les Sénégalais ont constaté qu'ils veulent du changement, de la nouveauté et c'est à partir de cela que l'appel à la candidature a été vraiment énorme au niveau du peuple ça c'est la première chose.La deuxième raison c'est que je suis en train d'assister à un évènement extraordinaire. Aujourd'hui ils sont en train de vouloir bafouer la démocratie.Vous savez bien qu'aujourd'hui au Sénégal le président sortant Abdoulaye Wade a essayé de briguer un 3eme mandat, il n'en a pas le droit, la Constitution le lui interdit. Je me suis rendu compte qu'il y a quelque chose qui se passe et tout le monde regarde et je me suis dit avec toutes ces raisons là, je m'engage dans la mesure où je suis l'homme qui peut amener ce vrai changement. Je suis aussi l'homme qui est sentinelle de la démocratieAvez-vous peur des coups des politiciens de carrière�?�on sait que c'est un milieu dur�?�C'est pour cela qu'on s'engage d'ailleurs en politique. Tout le monde parle de saleté qu'il y a autour de l'arène politique, nous voulons rendre ça très propre, nous voulons faire une politique qui donne l'image que les hommes politiques sont des hommes forts, de la bonne gouvernance, nous voulons changer tout cela. Maintenant si vous dites que c'est un terrain glissant vous n'y arriverez jamais! Moi je m'engage, je suis prêt, je me suis bien préparé pour ces coups là! Pour moi c'est ... par rapport à ce que représente le peuple du Sénégal.Présenter votre candidature était-il le seul moyen d'entrer en politique.. vous auriez pu sous un candidat par exemple�?�Ce n'est pas le même effet, je pense que les gens qui ont connu Youssou N'dour, qui ont poussé la candidature de Youssou, si Youssou vient leur dire que j'ai confiance en cette personne là on n'aura pas le même effet. Donc mieux vaut y aller directement et avoir les résultats, gagner les élections et faire le vrai changement.Quel Bilan tirez-vous des mandats écoulés du président Wade et quels sont vos principaux reproches ?Moi je me projette vers l'avenir, je ne suis pas là à commenter ce qu'il a fait et ce qu'il n'a pas fait. Je pense qu'il a réussit des choses mais qu'il a aussi échouer dans d'autre. Le problème le plus important aujourd'hui ce n'est pas moi qui m'oppose mais c'est le Sénégal qui s'oppose à ce qu'on touche à sa Constitution il faut que ça soit clair! Ce n'est pas des personnes qui viennent s'opposer, la Constitution est la légitimité du peuple. C'est le peuple sénégalais qu'on essaie aujourd'hui de tromper et ils ne sont pas d'accord. Je suis parmi ce peuple sénégalais et je me présente c'est vrai mais c'est le peuple sénégalais qui dit non a une troisième représentation de Wade pour les élections, il n'en a pas le droit. Pourquoi disons-nous que c'est lui qui s'oppose? Tout le monde s'y oppose, il n'y a que son parti et les gens qui sont proches de lui qui pensent à autre chose. Tout le monde est opposé! Soyons sérieux la Constitution c'est ce qui lie les peuples, c'est ce qui lie les citoyens entre eux. Si on ne respecte pas ces règles on se posera beaucoup plus de questions donc je m'oppose à lui par rapport à cette Constitution. Je n'ai pas de commentaires à faire sur ce qu'il a fait ou ce qu'il n'a pas fait, moi je me projette vers l'avenir.Que répondez-vous à ceux qui vous attaquent sur votre formation.. que l'on dit un peu fragile�?�Non mais j'ai déjà répondu, la fonction de Président de la République n'est pas un métier! C'est une fonction et ça je l'ai dit. Je crois que je suis tout à fait capable de gérer ce pays sans aucun problème. D'ailleurs si je commence à divulguer les gens qui vont travailler avec moi vous verrez bien que nous formons une équipe très soudée où j'incarne le leadership. Vous êtes à la tête d'un mouvement qui s'appel « Fekke Ma Ci Boolé » qui au fond signifie l'engagement. Vous voulez vous engager en priorité sur quelle voie�?� vous avez parlé de l'alimentation, de la réduction du train de vie de l'Etat�?�Je n'ai pas voulu faire des promesses, je présente un calendrier et ce calendrier là est d'abord mesurable dans le temps. Chaque 100 jours j'interviens et je communique avec le peuple. Nous allons aborder les problèmes en priorité, vous savez que maintenant la priorité c'est de réduire le train de vie de l'Etat. Au Sénégal on a vraiment des charges qu'il faut réduire pour arriver à injecter l'argent dans les secteurs prioritaires.Pensez-vous que votre candidature va-être acceptée par le Conseil Constitutionnel ?Ca c'est claire ma candidature va être acceptée par le Conseil Constitutionnel. Je n'ai pas de doutes là dessusVous parlez dans votre discours de mettre les bonnes personnes aux bonnes places. Pouvez-vous nous en dire plus�?�Je peux vous en dire plus parce que je crois que le rôle du fonctionnaire je ne l'ai pas parce qu'au Sénégal quoi qu'on puisse dire on a un Etat, on a des gens performants qui des fois sont mis en veilleuses pour des raisons politiques et qui ne jouent pas leur rôle au sein de l'Etat. Moi, ils peuvent me faire confiance car j'ai travaillé avec les plus professionnels et les meilleurs donc ces gens là vont retrouver automatiquement leur place. A partir du moment où ces gens là retrouvent leur place, il y a du travail, que du travail! Il n'y a pas de calculs politiques, simplement qu'on travaille pour les sénégalais. Je pense que ces dernières années nous avons vu qu'en priorité ils mettent des gens qui ont un atout un peu plus politique. Moi, je ne pars pas dans ce sens là, je pars dans le sens qu'il faut mettre les gens qu'il faut à la place qui leur correspond. Une fois que cette chose est en place, nous aurons les organes de l'Etat qui vont fonctionner normalement et efficacement pour atteindre nos objectifs. Pour conclure que souhaitez-vous faire passer comme message aux sénégalais qui vous écoutent à Paris et en Afrique ?On m'a demandé par le peuple que nous nous engageons ensuite nous avons constaté la situation du Sénégal qui est assez difficile où on veut changer les règles. Je veux dire aux Sénégalais : écoutez moi, je vais débattre sur tous les points, je vais convaincre les Sénégalais et à partir de ce moment ils voteront pour moi donc écoutez moi ne soyez pas amené dans les discours simples en disant qu'il n'a pas d'expérience car c'est un musicien etc. Ecoutez moi je vais aborder les sujets de fonds point par point et vous verrez que je ne dis pas la même chose qu'eux et que j'ai des solutions beaucoup plus adéquates pour les Sénégalais, c'est ce que je demande. Sénégalais écoutez moi! Jugez-moi par les débats qui vont commencer et qui ont déjà commencé.