France: deux Erythréens condamnés à 12 ans de prison après le lynchage d'un Soudanais

Par AFP

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Deux Érythréens de 33 ans ont été condamnés mercredi à 12 ans de prison pour la mort en 2016 d'un Soudanais lors d'une rixe dans un camp de migrants proche de Calais, port du nord de la France face à l'Angleterre.

Décrits par plusieurs témoins comme les meneurs d'un groupe de passeurs, Estifanos H. et Tsehaye T. ont été reconnus coupables d'avoir participé au lynchage, dans la nuit du 17 au 18 octobre 2016, de Mohammed E., jeune migrant soudanais de 25 ans qui vivait dans le camp de Norrent-Fontes, aujourd'hui démantelé.Ce camp, à une soixantaine de km de Calais, regroupait alors entre 150 et 200 personnes. Retrouvé gisant sur une aire d'autoroute, le jeune homme était mort à son arrivée à l'hôpital. Condamnés pour violences en réunion ayant entrainé la mort sans intention de la donner, la cour d'assises du Pas-de-Calais les a également interdits définitivement du territoire français. Deux autres Erythréens, Mihri A. et Erymis T. ont été reconnus coupables de violences en réunion et condamnés à 18 et 12 mois.Selon le ministère public, tous ont porté des coups de bâton à la victime. Mais selon des témoignages concordants, les deux principaux accusés l'ont eux frappé à la tête, provoquant des blessures mortelles. "Ils ont appliqué la loi du plus fort, la loi de la jungle, ce qui est intolérable sur notre territoire national", a lancé mardi l'avocat général Julien Michel, pointant la "sauvagerie" des faits.Mais, selon Me Gaël Dennetière, avocat de Tsehaye T., "plusieurs rixes ont éclaté au cours de cette nuit entre différents groupes et le mystère reste entier pour déterminer celle au cours de laquelle la victime a reçu les coups" mortels.Lundi, un autre Erythréen, qui n'a pas été inquiété, avait témoigné à la barre. "Au début, on voulait seulement l'impressionner mais tout le monde était énervé et cela a dégénéré", a-t-il expliqué, indiquant que la victime avait été extraite de sa tente et emmenée dans un sous-bois. Jeudi, chacun des accusés, interrogés par la cour, s'était dit "innocent" des coups portés à la victime. "Je ne sais pas pourquoi je suis là", a déclaré Tsehaye T., assisté d'un interprète.Les représentants de l'association "Terre d'errance", venus assister aux débats, sont persuadés pour leur part que le jeune Soudanais à été victime d'un crime mafieux, mais aucune association ne s'est portée partie civile.