France/otages: augmenter les zones déconseillées aux voyageurs n'est "pas la solution" (agences de voyages)

Par AFP

AFRICA RADIO

Classer davantage de zones comme "à risques", dans les conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères "n'est pas la solution", estiment dimanche les professionnels du tourisme, réagissant au souhait du ministre Jean-Yves Le Drian d'un "durcissement de la réglementation".

Dans un entretien au quotidien français Le Parisien publié dimanche, le ministre des Affaires étrangères a affirmé : "Nous mettons régulièrement en garde des agences touristiques proposant des déplacements dans des zones à risques". "Je suis favorable pour ma part à un durcissement de la réglementation".Selon son entourage, le ministre a ainsi suggéré de réfléchir à la nécessité de classer davantage de zones en "rouge" - fortement déconseillées - afin de dissuader les voyageurs de s'y rendre."Passer plus de zones en rouge, ce n'est pas une solution. Il faut être plus vigilant sur le suivi de l'actualité, l'évolution des situations, pour détecter les zones où le danger, effectivement, est important. Mais le Quai d'Orsay fait déjà un bon travail", a déclaré à l'AFP le représentant des agences de voyages françaises, Jean-Pierre Mas."Revenir à la politique du +ceinture et bretelles+ d'il y a cinq ou six ans, où dès qu'il y avait un risque dans un pays comme l'Egypte, il était classé totalement en zone rouge... ce n'est pas une bonne solution", a-t-il estimé. "Le voyage c'est aussi une petite part de risques, sinon il faut rester à la maison", a-t-il conclu.Aujourd'hui les agences de voyages françaises "n'organisent pas de voyages dans les zones rouges, formellement déconseillées, ni dans les zones oranges, formellement déconseillées +sauf raisons impératives+, c'est-à-dire strictement professionnelles : en aucun cas le loisir", a détaillé M. Mas.Les avis du Quai d'Orsay sont "souvent bons", "mais ils ne sont pas infaillibles et personne ne peut le leur reprocher", estime de son côté Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du Monde. "On est dans une société qui refuse l'aléa, le risque, et veut toujours trouver un responsable", dit-il à l'AFP.Samedi, les deux otages français libérés par les forces spéciales françaises dans le nord du Burkina Faso au prix de la mort de deux militaires sont rentrés en France. Le corps de leur guide béninois avait été découvert le 4 mai dans le parc de la Pendjari où ils faisaient un safari.Ils avaient été enlevés le 1er mai pendant un séjour touristique au Bénin, pays jusque-là épargné par l'insécurité en Afrique de l'Ouest, mais dans une zone déconseillée par le Quai d'Orsay, ce qui a suscité des critiques à leur encontre.