France/Rwanda: une "relation spéciale" se met en place, estime l'historien Duclert

Par AFP

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Une "relation spéciale" va s'établir entre la France et le Rwanda, a estimé jeudi l'historien Vincent Duclert, après le discours "historique" du président Emmanuel Macron qui a reconnu à Kigali les responsabilités françaises dans le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994.

Les deux discours qu'a tenus Emmanuel Macron jeudi, l'un au memorial du génocide de Kigali et le deuxième lors d'une conférence de presse avec le président rwandais Paul Kagame, "sont historiques" car ils s'appuient sur "un travail de vérité" et des "faits établis par la recherche", a déclaré M. Duclert à l'AFP."Ne rien éluder de la question du passé et tirer les conclusions de ce qui a été établi: c'est la seule manière de construire à l'avenir", a estimé l'historien, jugeant qu'une "relation spéciale" et "forte" allait se mettre en place entre les deux pays, dont les liens ont été empoisonnés pendant plus de 25 ans par la question du rôle de la France dans le génocide.Une commission d'historiens français dirigée par M. Duclert a rendu en mars un rapport concluant aux "responsabilités lourdes et accablantes" de la France dans la tragédie de 1994, ouvrant la voie à une normalisation des relations entre les deux pays."M. Macron a réfléchi à la réponse que la France pouvait apporter aux victimes, à leur mémoire, et aux rescapés", et a eu "une affirmation très forte: dire que c'est aux rescapés d'accorder ou non leur pardon, de juger si la France s'est mise à la hauteur du défi de regarder l'Histoire en face", a estimé M. Duclert.Au cours de sa visite à Kigali -la première d'un président français depuis celle de Nicolas Sarkozy en 2010-, M. Macron a "reconnu" les responsabilités de la France et "la part de souffrance qu'elle a infligée au peuple rwandais en faisant trop longtemps prévaloir le silence sur l'examen de la vérité".Un discours salué par M. Kagame qui a jugé que ces paroles "avaient plus de valeur que des excuses".