Gabon: le président n'a pas de "biens à titre personnel en France"

8 mars 2013 à 13h55 par La rédaction

AFRICA RADIO
LIBREVILLE (AFP) - (AFP)

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba "ne possède pas de biens à titre personnel en France", a affirmé la présidence vendredi, à propos de l'enquête de la justice française sur les présumés "bien mal acquis" par son défunt père Omar Bongo (décédé en 2009) ou son entourage.

"Le président l'a répété à plusieurs reprises, il ne possède pas de biens à titre personnel en France.Maintenant, si c'est un délit de patronyme, la France inventerait un nouveau délit dans le code pénal", a ironisé le porte-parole de la présidence gabonaise, Alain Claude Bilié By Nzé, au cours d'un point presse à Libreville.

A la mi-février, plusieurs perquisitions avaient été menées dans des domiciles appartenant à la famille Bongo à Paris et dans le sud de la France, dans le cadre de l'enquête sur les "biens mal acquis".

Deux juges parisiens enquêtent sur les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par l'ancien président gabonais Omar Bongo, le président congolais Denis Sassou Nguesso, le président de Guinée équatoriale Teodoro Obiang et certains de leurs proches.

Les ONG Sherpa et Transparence International France sont à l'origine de la plainte qui a déclenché cette triple enquête.

Selon un document sur les "biens mal acquis" publié en 2009 par Transparence International France, la famille Bongo et ses proches possèdent en France "outre six garages, 33 propriétés, la plupart dans les quartiers les plus chics de Paris, les autres sur la Côte d'Azur".

"Pourquoi certains dirigeants sont-ils visés et pas d'autres?(...) Pourquoi y aurait-il des sortes de chevaliers blancs de la lutte contre la corruption s'agissant de l'Afrique, il a tellement de dossiers, vous savez, en France...", a critiqué M. Bilié By Nzé.Il a alors cité l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris (pour laquelle l'ancien président Jacques Chirac avait été condamné en 2011 à deux ans de prison avec sursis) ou encore l'affaire Karachi, sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

Il a rappelé que seul "un Gabonais s'est plaint (dans cette affaire des biens mal acquis, ndlr) et a joint sa plainte à deux associations françaises, Survie et Sherpa"."Au nom de qui la justice française rend-elle son droit, au nom du peuple gabonais ou du peuple français?(...) Il serait bon que chacun balaie devant sa porte", a insisté le porte-parole.

"Nous sommes prêts à répondre devant les juridictions compétentes des actes délictueux qui auraient pu être commis, mais il faut que cela concerne tout le monde", a indiqué le porte-parole.