Guinée équatoriale: deux partis d'opposition boycottent la fin du "dialogue national"

Par AFP

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Deux partis d'opposition ont refusé lundi de signer le document marquant la fin du "dialogue national" en Guinée équatoriale, invoquant notamment le non-respect d'une amnistie pour les opposants.

Convergence pour la démocratie sociale (CPDS) et le parti Union du centre droit (UCD), les deux seuls partis d'opposition parmi les 16 ayant participé à ce dialogue, ont refusé à la dernière minute de signer le document de clôture, en raison de la "non application du décret d'amnistie totale" par le gouvernement, a annoncé à la presse le secrétaire général du CPDS, Andres Esono Ondo.Le président Teodoro Obiang Nguema avait décrété le 4 juillet, avant l'ouverture du dialogue boycotté par de nombreux partis d'opposition, une "amnistie totale" pour tous les prisonniers politiques, les opposants condamnés ou interdits d'activité.Des dizaines de prisonniers politiques sont cependant restés incarcérés, dont une trentaine appartenant au principal parti d'opposition, Citoyens pour l'innovation (CI), interdit et dissous depuis février. Seul le professeur Julian Abaga, considéré par Malabo comme un prisonnier politique, a été remis en liberté jeudi. Samedi, un magistrat est mort en détention au commissariat central de la capitale, surnommé "Guantanamo".CPDS et UCD ont également dénoncé le refus du régime de former un gouvernement de "salut national ou de transition", "d'appliquer la charte africaine de la démocratie, des élections et de la bonne gouvernance" ou encore de "légaliser les syndicats", a ajouté M. Esono Ondo.Le président Obiang Nguema a quant à lui qualifié le dialogue de "franc , sincère" avec un "esprit de respect". Le gouvernement s'est engagé à interdire "la torture" dans les commissariats et postes de police et "les arrestations des citoyens sans mandat d'un juge", selon le document final lu par le porte-parole gouvernemental Eugenio Nze Obiang.Malabo a promis de construire plus d'écoles publiques et des hôpitaux, après des critiques de l'opposition qui pointe du doigt l'accent mis sur les camps militaires.Un rapport de juin 2017 de Human Rights Watch (HRW) dénonce le sous-financement de la santé et de l'éducation en Guinée équatoriale, qui a dépensé l'argent de la manne pétrolière dans des projets d'infrastructures sur lesquels planent des soupçons de corruption.En outre, en dépit des demandes de l'opposition, le texte ne prévoit ni la création d'une commission mixte de lutte contre la corruption, ni la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire.