Guinée: tirs nourris près de sa résidence de Conakry, le président indemne

Par La rédaction

CONAKRY (AFP) - (AFP)

Des tirs nourris ont été entendus pendant près de trois heures mardi dans le quartier de la résidence du président guinéen Alpha Condé à Conakry, touchée par une roquette, mais le chef de l'Etat est "sain et sauf", a appris l'AFP de sources officielles et auprès de témoins.

Des témoins du quartier de Kipé où est située la résidence privée du chef de l'Etat, ont parlé de "tirs à l'arme lourde" qui ont duré de 03H00 (GMT et locales) à 05H30, affirmant qu'ils provenaient de militaires.

"La maison d'Alpha Condé a été touchée par une roquette", a affirmé un journaliste de la radio-télévisioon publique RTG, qui se trouvait dans le quartier de Kipé.

François Fall, ministre-secrétaire général de la présidence, a déclaré à l'AFP que le président Condé était "sain et sauf".

Aucune information officielle n'était dans un premier temps disponible sur l'origine et les raisons de ces tirs, ni sur d'éventuelles victimes.

Des barrages militaires ont été établis dans toute la ville et les accès au quartier administratif de Kaloum, au centre de Conakry, étaient fermés à la circulation mardi matin, selon des témoins.

Ce regain de tension dans la capitale guinéenne intervient près de sept mois après la prise de fonction, le 21 décembre 2010, d'Alpha Condé, premier président démocratiquement élu de Guinée dont l'une des premières tâches a été de mettre en place une réforme du secteur de la défense et de sécurité.

L'histoire de la Guinée a été marquée par des coups d'état et tentatives de coups d'état militaires, le dernier en date ayant porté au pouvoir en décembre 2008 le capitaine Moussa Dadis Camara, renversé un an plus tard.

C'est ensuite un régime de transition dirigé par un autre militaire, le général Sékouba Konaté, qui a dirigé le pays jusqu'à l'organisation d'une élection présidentielle en 2010 remportée par Alpha Condé au deucième tour en novembre face à Cellou Dalein Diallo qui avait accepté sa défaite.

Le 2 juillet, le colonel Moussa Keita, ancien secrétaire permanent du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), aile politique de la junte militaire de Moussa Dadis Camara dont il était très proche, avait été arrêté en pleine rue à Conakry.

Il est depuis détenu "dans un lieu tenu secret et inaccessible à sa famille" selon la Coordination des organisations de défense des droits humains (CODDH).

Avant son arrestation, le colonel Keita avait fait des déclarations à la presse sur la gestion du régime de transition du général Konaté, affirmant en particulier que ce dernier avait détourné plus de 20 millions de dollars.