Kampala lance un mandat d'arrêt contre un chef de l'opposition

Par La rédaction

KAMPALA (AFP)

Les autorités ougandaises ont lancé un mandat d'arrêt contre un chef de l'opposition qui n'a pas répondu à une convocation de la justice pour avoir tenu des propos qualifiés de "subversifs" par le pouvoir, a annoncé le bureau du procureur mercredi.

Responsable d'un parti d'opposition ougandais, Olara Otunnu, ex-secrétaire général adjoint des Nations unies et candidat à la prochaine présidentielle, avait déclaré en avril au cours d'une émission radio que le président Yoweri Museveni soutenait les rebelles de l'Armée de résistance du seigneur (LRA).

"Le mandat d'arrêt fait suite" aux propos tenus par M. Otunnu à la radio."Nous pensons que ses affirmations sont subversives", a déclaré à l'AFP Jane Kajuga, une porte-parole du bureau du procureur ougandais.

M. Otunnu "n'a pas seulement déclaré que le gouvernement prolongeait délibérément la guerre dans le nord mais il a en plus ajouté que le président et son sécretaire personnel fournissait de l'argent et des équipements aux rebelles", a ajouté la porte-parole.

La LRA, active depuis 1988 dans le nord de l'Ouganda, est considérée comme l'une des guérillas les plus brutales au monde.

Elle est présente sur le territoire centrafricain depuis 2008, notamment dans le sud-est, où ses combattants mènent régulièrement des incursions dans des villages, causant la mort d'au moins 200 personnes et faisant plusieurs milliers de déplacés, selon les autorités centrafricaines.Elle sévit également dans le nord-est de la RDC, de même qu'au Sud-Soudan.

Après son intervention à la radio, M. Otunnu, devait comparaître lundi mais il ne s'est pas présenté et le juge a demandé son arrestation.

Robert Kanusu, porte-parole de M. Otunnu, a déclaré à l'AFP que ce dernier se trouvait actuellement aux Etats-Unis pour ses activités au sein de son parti, le Congrès pour le peuple ougandais.

M. Otunnu doit rentrer prochainement et il pourrait être arrêter dès son arrivée, a ajouté M. Kanusu."Ils vont l'arrêter à son arrivée.Mais ces accusations servent simplement à l'intimider et à l'humilier", a affirmé M. Kanusu.

Considéré comme un des plus virulents critiques du président Musevini, M. Otunnu était revenu en Ouganda en 2009 après 20 ans d'absence.Il a depuis annoncé son intention de se présenter contre M. Museveni à la présidentielle de février 2011.